Politique – Les députés LRM veulent tirer les leçons d’un été en demi-teinte

Les élus, qui regrettent les polémiques comme celle sur la baisse des APL, entendent défendre davantage le président dans les médias.
LE MONDE | 24.08.2017  | Par Alexandre Lemarié
Quinze jours après la fin d’une première session extraordinaire intense à l’Assemblée nationale, les députés de La République en marche (LRM) se projettent vers la rentrée parlementaire avec un double objectif : se montrer plus offensifs pour défendre les réformes impulsées par l’exécutif ; mieux s’organiser pour ne pas revivre les couacs provoqués par leur inexpérience ou leur manque de coordination.

Le président du groupe La République en marche à l’Assemblée, Richard Ferrand, à Paris le 9 août. JACQUES DEMARTHON / AFP
En termes de communication, les élus de la majorité entendent s’exprimer davantage dans les médias et dans l’Hémicycle. Tous ont conscience de devoir jouer le rôle de « fusibles » pour protéger Emmanuel Macron, dont la cote de popularité a chuté et qui doit affronter une rentrée périlleuse avec la réforme du code du travail ou la présentation du budget pour 2018.
« On doit monter au créneau de manière plus fréquente et plus massive pour préserver l’action du président de la République et défendre le projet sur lequel on a été élus », juge Aurore Bergé (Yvelines), porte-parole du groupe LRM.
« L’écueil principal serait de laisser le champ libre à nos opposants politiques ou syndicaux, qui caricaturent nos positions », abonde Pierre Person (Paris), convaincu, comme ses collègues, de la nécessité de « mieux expliquer les réformes menées ».
« Transformer le pays »
Les polémiques sur les aides personnalisées au logement (APL) ou sur les emplois aidés sont présentées comme de parfaits contre-exemples, avec des coupes impopulaires annoncées sans mise en perspective.
Pour eux, chaque mesure doit au contraire être replacée dans un cadre général. En particulier celui de la réduction de la dépense publique, qu’il convient d’inscrire dans une équation budgétaire sur l’ensemble du quinquennat.
Le mot d’ordre ? Certes, le gouvernement veut réaliser 20 milliards d’euros d’économies en 2018. Mais avec l’objectif de réduire les impôts des ménages et des entreprises, tout en réduisant les déficits et la dette d’ici à 2022.
« Nous ne menons pas une politique de petits ruisseaux mais d’économies structurelles pour transformer le pays, souligne Gabriel Attal (Hauts-de-Seine). Il faut le montrer dès la rentrée et en faire la pédagogie avant la présentation du budget [fin octobre], pour ne pas revivre l’épisode des APL puissance dix. »
« Donner du sens aux réformes »
« Nous devons inscrire les réformes dans le projet collectif proposé aux Français et leur expliquer les bénéfices qu’ils tireront des efforts consentis », renchérit Gilles Le Gendre (Paris), vice-président du groupe, rejoint par le porte-parole, Stanislas Guérini (Paris) : « Par exemple, on doit faire comprendre aux Français qu’il ne s’agit pas seulement de modifier notre code du travail mais de réformer l’ensemble de notre modèle social. »
« Tout notre challenge est de donner du sens aux réformes, en sortant du débat technique », résume Olivia Grégoire (Paris), autre porte-parole. Une demande de M. Macron en personne qui, le 1er août, a exhorté ses troupes parlementaires à défendre ses projets de réformes avec un discours « plus politique ».
Avant la rentrée, l’autre priorité du groupe LRM consiste à mieux se structurer en interne. Trois personnes vont désormais s’occuper des relations avec les médias – contre une seule jusque-là. Début août, l’ex-journaliste sportif Christophe Malbranque a été recruté à la direction de la communication du groupe. Il sera assisté de deux attachés de presse, Thibault Gential et Akila Mat. Des « conseillers thématiques » supplémentaires sont également attendus pour épauler les présidents de commission, en particulier aux affaires sociales ou à la commission des lois.
Quelques députés démoralisés

La tenue d’un séminaire réunissant les 314 députés macronistes est en outre envisagée à la mi-septembre. L’occasion de renforcer la cohésion de ce groupe pléthorique.
Début août, quelques nouveaux élus se montraient démoralisés. Au point d’envisager de lâcher leur mandat… D’après plusieurs sources, cela concerne « cinq ou six élus venus du privé », qui « ont l’impression de ne pas servir à grand-chose, alors qu’ils avaient plus de leviers d’action dans leur précédent job ».
Le président du groupe, Richard Ferrand (Finistère), les a reçus pour les remobiliser. Contesté par une partie de ses troupes, il a d’ailleurs promis, fin juillet, dans Le Parisien de mettre en place des méthodes de travail « plus efficaces ».
S’ils ignorent encore la date de leur première réunion de groupe, les élus LRM ont déjà noté celle du 11 septembre dans leur agenda, avec la reprise des travaux en commission sur le texte « sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme », visant à pérenniser certaines pratiques de l’état d’urgence. Avant la vraie rentrée parlementaire dans l’Hémicycle, prévue au début du mois d’octobre.

A propos kozett

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