Birmanie – Crise des Rohingya : « Aung San Suu Kyi est en situation de faiblesse »

LE MONDE |15/09/2017
Eclairage

Depuis le 26 août, la minorité musulmane de Birmanie est chassée vers le Bangladesh ou la Malaisie, sans espoir de retour. L’ONU évoque un exemple classique de « nettoyage ethnique ».
Mercredi 13 septembre, à la demande du Royaume-Uni et de la Suède, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour évoquer la gravité de la situation et réclamer des « pas immédiats » pour faire cesser « une violence excessive ».
Comment expliquer cette crise et ces tensions entre communautés qui durent depuis des dizaines d’années ? Quelle est l’histoire des Rohingya ? Comment réagit le gouvernement birman ? David Camroux, chercheur associé au Centre de recherches internationales, a répondu à vos questions au cours de notre Facebook Live.
L’enfer birman, vu par les orphelins rohingya
Parmi les expulsés de Birmanie, près de 200 000 enfants peuplent les camps de réfugiés. Dont au moins un millier de « séparés » qui ont perdu leurs parents pendant les attaques de l’armée.

LE MONDE | 15.09.2017 | Par Rémy Ourdan (camp de Kutupalong (Ukhia), Bangladesh, envoyé spécial)
Au sommet de la vulnérabilité, sur une communauté d’environ 400 000 Rohingya chassés de Birmanie, il y a les enfants. Ils sont environ 200 000, selon l’ONU, échoués dans les camps de réfugiés, au détour des collines, au bord des routes et des rizières du Bangladesh. Parmi eux, il y a les orphelins. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en a identifié, à la date du 12 septembre, 1 128. Leurs parents sont morts ou ont été portés disparus lors de la fuite du pays. Ces enfants-là, l’ONU les appelle « les séparés ».

Dans le camp de réfugiés de Kutupalong, en ce jeudi 14 septembre qui clôt la troisième semaine de l’exode forcé des Rohingya de Birmanie, une cinquantaine de séparés jouent à des jeux de société avec deux animateurs, des trentenaires rohingya eux-mêmes, réfugiés depuis leur enfance au Bangladesh.
Tous acceptent de parler
A la question de savoir s’ils souhaitent raconter leur histoire, et la séparation d’avec leurs parents, tous répondent qu’ils sont d’accord pour parler. Les entretiens se déroulent hors de la présence d’animateurs ou de parents éloignés pouvant les influencer ou répondre à leur place, comme c’est parfois la tentation des adultes. Lucidement, calmement, avec leurs mots simples, les orphelins rohingya racontent l’enfer birman.
Hanun, 7 ans : « On a quitté notre village à cause de la guerre. Les soldats ont tiré sur les maisons. Nous étions tous vivants et nous sommes arrivés à la rivière. Mes parents m’ont ordonné de traverser avec mon oncle sur un bateau. Eux ont pris le bateau suivant. Ils ne sont pas arrivés ici. Mon oncle m’a dit qu’ils étaient morts noyés. »
Ommal Haras, 10 ans : « Ma mère est morte il y a plusieurs années de maladie, je ne sais pas quand exactement. Lorsque les militaires ont bombardé puis sont entrés dans mon village, on s’est enfuis avec mon père et mon frère de 12 ans. On a marché huit jours jusqu’à la rivière [la Naf, qui sépare la Birmanie…
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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