Afrique – Remous au Togo, en quête de réformes politiques

Le Monde 19/09/2017
De nouvelles manifestations sont attendues cette semaine à Lomé, la capitale du Togo. Ce petit pays de 7,6 millions d’habitants coincé entre le Bénin et le Ghana, traverse une crise politique et des dizaines de milliers de personnes sont déjà descendues dans la rue à Lomé et en province au début du mois de septembre à l’appel d’une coalition de quatorze partis d’opposition.

Des rassemblements d’ampleur historique, au cours desquels ils demandaient la mise en place des réformes et le départ du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. Une réforme constitutionnelle est en discussion afin de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, une demande portée par l’opposition depuis plus de dix ans, comme le rappelle BBC Afrique.

 Des manifestants à Lomé au Togo le 7 septembre. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Le texte du gouvernement prévoit bien d’instaurer une limitation des mandats présidentiels, de même qu’un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, mais il ne serait pas rétroactif, ce qui permettrait en théorie à Faure Gnassingbé – qui effectue actuellement son troisième mandat – de se représenter lors des deux prochains scrutins. Les amendements voulus par l’opposition proposaient notamment d’introduire la disposition « en aucun cas, nul ne peut faire plus de deux mandats » et de permettre aussi le vote de la diaspora. Ils n’ont pas été retenus par le gouvernement.
Le président actuel a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays durant 38 ans. Ainsi que le souligne le Washington Post, 90 % de la population togolaise, née après l’accession au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma, a donc vécu sous le règne d’une seule famille. Ce qui fait du Togo le seul pays d’Afrique de l’ouest à n’avoir pas connu de transition démocratique depuis l’indépendance. Dimanche, l’Eglise catholique a pris position pour les « réformes institutionnelles et constitutionnelles » demandées par le peuple, souligne Jeune Afrique.
En réponse aux manifestations, le pouvoir a fermé l’accès à Internet durant plusieurs jours et a annulé un sommet Afrique-Israël, prévu fin octobre à Lomé et qui aurait amené sur place plusieurs dirigeants internationaux. Au-delà des rumeurs de boycott de certains pays africains peu désireux de se retrouver aux côtés de l’Etat hébreu, il semblait difficile de réunir des chefs d’Etat et une importante délégation israélienne – comprenant les représentants de 150 entreprises de secteurs variés, tels que l’agriculture, les hautes technologies, la surveillance ou la sécurité –, dans une capitale où plane toujours le risque de violences et de débordements. Les opinions publiques de bon nombre de pays d’Afrique sont opposées à l’idée d’un rapprochement avec Israël en raison de leur solidarité avec le peuple palestinien, rappelle Al-Jazira.

A propos kozett

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