Indre-et-Loire – Santé : Ils pansent les blessures psychologiques

La Nouvelle République 21/09/2017 05:46
La cellule d’urgence médico-psychologique d’Indre-et-Loire intervient en cas de catastrophe. Cinquante professionnels sont en veille permanente.

Le Pr Wissam El-Hage, psychiatre, référent de la Cump 37, du CHRU de Tours.
Ils sont intervenus au chevet des adolescents de Descartes frappés par la foudre, le 7 août, lors d’une colonie de vacances dans la Vienne. Ils étaient aussi auprès des victimes du crash de l’Alphajet, à Vouvray, en décembre 2014, ou encore à l’écoute des enfants percutés par un fourgon de gendarmerie en 2011 ou, plus loin du département, auprès des victimes et témoins de l’attentat de Nice durant l’été 2016.
La cellule d’urgence médico-psychologique (Cump) d’Indre-et-Loire est en veille depuis plus de vingt ans, dépêchant ses volontaires sur les lieux des drames « collectifs et graves ».
«  Remettre de l’ordre là où il y a eu désordre  »
Composée d’une cinquantaine de médecins, infirmiers, puéricultrices travaillant dans le milieu de la santé mentale, la cellule tourangelle fait partie de ce réseau national mobilisé notamment en cas de catastrophes et d’attentats pour aider à panser les blessures psychologiques.
« Nous essayons de remettre de l’ordre là où il y a eu désordre, dépeint le Pr Wissam El-Hage, psychiatre au CHU de Tours et référent de la CUMP d’Indre-et-Loire. Quand on arrive sur un événement, on rencontre les gens qui ont été blessés physiquement et qui peuvent l’être aussi psychologiquement, ainsi que les personnes «  impliqués  », c’est-à-dire témoins ou directement concernés. Il faut garder à l’esprit que la majorité des gens se portent bien. Notre premier travail est de repérer les 5 à 15 % qui vont moins bien. »
Cauchemars, flashs, insomnies, anxiété, pensées négatives, sentiment de déconnexion… Autant de symptômes qui peuvent, s’ils perdurent, être les signes d’un stress post-traumatique. « Ce qui est très choquant, c’est d’avoir perçu une menace de mort ou une menace pour son intégrité ; le visuel est très important », analyse le Pr El-Hage.
Si, le plus souvent, l’intervention des professionnels de la cellule d’urgence suffit, par la parole, à « redonner une cohérence », à contextualiser les troubles ressentis et à rassurer les personnes impliquées, les victimes les plus touchées pourront être orientées vers une prise en charge spécifique.
« Le risque, si les troubles liés à un stress post-traumatique s’installent dans la durée, est que la personne s’isole, se renferme, développe des addictions », prévient le Pr El-Hage. Mais il se veut rassurant : « Nous sommes par nature résilient. La première chose à faire est de chercher de l’aide après de son entourage, ses amis, sa famille ! »
Mariella Esvant

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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