Onu : quelque chose de nouveau

Ouest-France 23/09/2017 Par François Régis HUTIN.
EditorialC’est un très beau discours qu’a prononcé Emmanuel Macron à la tribune de l’Onu. La nature de cette organisation, ce qu’elle était, ce qu’elle devait être, a clairement été expliquée.

C’est un très beau discours qu’a prononcé Emmanuel Macron à la tribune de l’Onu. La nature de cette organisation, ce qu’elle était, ce qu’elle devait être, a clairement été expliquée : favoriser la relation entre les hommes et entre les pays, la recherche des solutions aux si graves problèmes devant lesquels est placée l’humanité d’aujourd’hui, trouver les coopérations en restant respectueux de chacun, dialoguer, dialoguer sans cesse dans ce multilatéralismenécessaire.
Ce mot est revenu plusieurs fois, évoquant ce que ne cesse de proclamer le pape François sur la communauté humaine. Mais les choses ne sont pas simples. Le président de la République a précisé dans son discours : « Le monde multipolaire, qui est aujourd’hui le nôtre, nous oblige à réapprendre la complexité du dialogue, mais aussi sa fécondité. » Et le chef de l’État appelle à réconcilier « notre intérêt et nos valeurs, notre sécurité et le Bien Commun de la planète ».
Ce discours humaniste, plein d’exigences pour tout le monde, montre qu’Emmanuel Macron a compris qu’on ne peut faire évoluer les sociétés qu’en proposant toujours un grand idéal, face à celui qui n’a que menaces à la bouche et comme seul projet à l’esprit de construire des murs qui séparent, au lieu d’entendre l’appel du pape François : « Faites des ponts, faites des ponts, faites des ponts ! » (1). C’est en fait ce qu’a demandé aussiEmmanuel Macron : faire des ponts et la paix avec toutes ses exigences.
La France, tête de pont de ceux qui se mettent en marche
On sent que le programme existe, que la voie est tracée, tout à l’opposé de M. Trump que cependant il n’agresse pas. Il cherche à l’éclairer, à le persuader que l’affirmation de la puissance et la menace ne sont pas les bons chemins. Le président de laRépublique française parlait au nom de notre pays à l’Onu mais, on l’a bien senti, il parlait avec l’autorité que lui donne son appartenance à l’Union européenne qu’il veut rendre plus efficace.
« Nous avons besoin de sortir de nos bureaux, un Conseil de sécurité qui puisse prendre des décisions efficaces et ne pas être enfermés dans un droit de veto quand des atrocités de masse sont commises. » Tout le monde a senti quelque chose de nouveau en ces jours. La foi de notre jeune président, puisant dans les plus hautes valeurs humanistes, a redonné de l’espérance à ce monde fragmenté, à ces victimes des divers terrorismes. Oui, on peut en venir à bout et retrouver la paix, la vraie paix pour tous où chacun pourra grandir, s’épanouir en respectant l’autre.
Telle est la bonne, la grande nouvelle que la France et l’Union européenne doivent parvenir à réaliser. La France n’est pas seule sur ce chemin. Elle est la tête de la colonne de ceux qui se mettent en marche ensemble dans la volonté de surmonter les pires difficultés.
(1) Politique et société, pape François, rencontres avec Dominique Wolton, éditions de l’Observatoire.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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