La démocratie et l’Europe, les autres perdants du référendum catalan

Le Vif.be – 02/10/2017 –
La démocratie et l'Europe, les autres perdants du référendum catalan© Getty Images
Tous dénoncent le recours à la « force indigne » par le gouvernement de Mariano Rajoy, perdant « borné » du scrutin qui « pourrait ne pas survivre ».
« Triste journée pour la Catalogne, l’Espagne et l’Europe », entame Jurek Kuczkiewicz dans Le Soir, que celle de ce dimanche ensanglanté dans la péninsule ibérique.
Il déplore l' »aventurisme » des leaders catalans qui ont organisé ce référendum sur l’indépendance de la région – interdit par Madrid – et regrette que le Premier ministre espagnol soit « tombé dans le panneau des séparatistes ». « Victime de sa propre posture bornée, Mariano Rajoy a fait échouer à son pays le test démocratique le plus critique depuis 1981. »
C’est à ses yeux aussi « l’Europe qui est perdante ». « Elle est belle, la démocratie européenne telle que l’ont mise en scène les dirigeants espagnols et catalans. Et telle que n’ont pas voulu l’influencer, même pas la commenter ! , les dirigeants européens et de l’UE. »
Dans La Libre Belgique, Hubert Leclercq, fait le même constat au lendemain du scrutin. « Le Premier ministre espagnol, déjà en sursis politiquement, pourrait ne pas survivre à ce dimanche et à cette image, terrible, de cette dame d’un certain âge, les cheveux blancs maculés d’un épais filet de sang ». C’est, selon l’éditorialiste, « toute l’Espagne qui a perdu. Une certaine image de l’Europe, aussi ».
Dans La Dernière Heure, Alexis Carantonis fustige lundi « des méthodes dictatoriales que personne ne veut voir en Europe », importées par le gouvernement espagnol. « Hier, un homme a perdu: Mariano Rajoy. Un concept, aussi: la démocratie », conclut-il encore.
Philippe Martin dans L’Avenir, critique aussi Madrid pour son recours à la « force indigne », alors que plus de 90 personnes ont été blessées dans les interventions policières. « En Catalogne, l’irréparable a été commis, nous donnant à voir des images que l’on n’avait plus vues depuis plus de vingt ans en Europe et qui rappellent les heures sombres de l’Espagne franquiste ».
« Pour l’opinion publique, même bien au-delà des frontières régionales, le gouvernement de Mariano Rajoy restera celui qui a opposé la violence des armes à l’expression démocratique des bulletins de vote », résume-t-il. « Qui a vu les images d’hier, aurait cru à une dictature sud-américaine dans les années 70. Mais c’est bien l’Espagne en 2017 », observe aussi avec effroi la rédactrice en chef de la Gazet van Antwerpen, Kris Vanmarsenille. « Chaque coup de matraque de la police a rendu le fossé encore plus infranchissable », note Bart Eeckhout, le rédacteur en chef De Morgen.
Bart Brinckman dans De Standaard estime que le gouvernement espagnol doit « avoir de la compréhension face aux aspirations catalanes à l’autonomie voire à l’indépendance », mais que « les Catalans doivent aussi réaliser que le séparatisme ne se fait pas sur commande ».

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