Leclerc-Macron : de la LME aux Etats généraux de l’alimentation

Humanite.fr 29/09/2017

Photo Yohan Bonnet / AFP
Mise en place à la demande du président de la République, la première phase des Etats généraux de l’alimentation se termine aujourd’hui. C’est le moment que choisit Michel-Edouard Leclerc pour dénoncer un risque de hausse des prix alimentaires de 5 à 15%.
Mais quelle est aujourd’hui la part de connivence entre Leclerc et Macron, sachant que le second avait, en 2008, rédigé le rapport de la Commission Attali afin de faire voter la loi que voulait le premier pour piller les paysans ?
Alors que se terminent les discussions dans le premier chantier des ateliers des Etats généraux de l’alimentation mis en place à la demande du président de la République, on se demande quelles conclusions seront tirées des débats qui se sont tenus dans les ateliers 5 et 7. Le premier se donnait pour objectif de « rendre le prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateur pour les agriculteurs », qui en ont bien besoin suite aux baisses de prix subies depuis bientôt trois ans. Dans l’atelier 7, les débats devaient aboutir à « améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ».
Là encore, il est urgent d’agir. Selon une étude de l’Association nationale des industries alimentaires(ANIA), « l’industrie alimentaire connaît une diminution importante de ses marges depuis 2008, atteignant le niveau le plus bas depuis 1974, alors qu’elles se restaurent dans tous les autres secteurs industriels, tutoyant même des niveaux inobservés depuis le début des années 2000». Jean-Philippe Girard, président de l’ANIA, précise même que l’industrie agroalimentaire a perdu 4,5 points de marge brute depuis 2008 tandis que les autres industries ont gagné cinq points en moyenne.
 Disant cela, le président de l’ANIA, qui rencontrait la presse mercredi soir à Paris, avait en tête les derniers propos de Michel-Edouard Leclerc. Ce dernier dit s’attendre à « des hausses de prix de 5% à 15% sur les milliers d’article alimentaires sous prétexte d’aider les agriculteurs» et menace de dénoncer tout ce qui reviendrait à partager les marges de manière moins inéquitable qu’aujourd’hui entre les producteurs, les transformateurs et le distributeur.
Dans ce combat du pot de fer contre le pot de terre, Michel-Edouard Leclerc pourrait bénéficier du soutien d’associations de consommateurs également présentes dans les ateliers de ces Etats généraux. Au nom de la défense du « pouvoir d’achat » des consommateurs, le désintérêt vis-à-vis du droit des paysans de vivre de leur travail est une position constante à l’UFC-Que Choisir depuis des décennies. Au point que ses dirigeants, à commencer par son président Alain Bazot , sont incapables de prendre en compte le recul que cela peut entraîner dans la production de denrées de qualité dans notre pays.
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Gérard Le Puill Journaliste et auteur

 

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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