Film / Le maître et l’enfant : plongée au cœur d’une école Montessori

Multiplication des écoles, des livres… La pédagogie Montessori connaît ses dernières années un engouement sans précédent. Mais quels jeunes parents savent réellement en quoi consiste la pensée de cette médecin et psychiatre italienne, disparue en 1952 ? Et surtout, à quoi ressemble aujourd’hui le quotidien dans une classe fonctionnant selon ses principes ? Sur ces points, le documentaire Le maître est l’enfant, financé par 2255 contributeurs privés, nous éclaire remarquablement.
Un laboratoire de l’autonomie pour les bambins
Plongé dans les problématiques d’éducation depuis la naissance de sa fille en 2010, le réalisateur Alexandre Mourot a découvert les écrits de Maria Montessori en 2014. Après un long travail d’enquête et de repérage dans une vingtaine d’écoles alternatives françaises, il s’est glissé avec une petite caméra dans la plus ancienne d’entre elles : l’Institution Jeanne-d’Arc de Roubaix, fondée par des sœurs dominicaines au début du XXe siècle et tournée vers la pédagogie Montessori depuis les années 1940.
Au fil des mois de tournage, le documentariste, si passionné par le sujet qu’il a fini par suivre une formation d’éducateur Montessori, s’est fondu dans la vie de la classe de Christian Maréchal, qu’il décrit comme un « laboratoire » où vingt-huit bambins de trois à six ans partent à la conquête de leur autonomie. Dans un mélange de sérénité et de joie de vivre, ils vaquent aux occupations qu’ils ont eux-mêmes choisies : certains épluchent des carottes, d’autres font des calculs ou un petit somme, un oreiller posé sur le pupitre.
Dans une salle accueillante, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, Alexandre rencontre des enfants libres de leurs mouvements et de leurs activités, qui travaillent seuls ou à plusieurs dans une ambiance étonnamment calme. Le maître est très discret. Chacun lit, fait du pain et des divisions, rit ou dort en classe. Pendant une année, le réalisateur filme la mise en œuvre de cette pédagogie de l’autonomie et de l’estime de soi que Maria Montessori voyait, en pleine fureur de la première moitié du XXe siècle, comme la promesse d’une société nouvelle de paix et de liberté. 

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