Espagne – La décision de l’exécutif catalan peine à convaincre

Le Monde 11/10/2017
Le Parlement catalan a signé, dans la soirée de mardi, la déclaration d’indépendance, mais l’a immédiatement suspendue, ainsi que l’avait annoncé le président de la région Carles Puigdemont, quelques heures auparavant. Pour le quotidien catalan, La Vanguardia, cette décision permet de chercher une « médiation » avec le gouvernement espagnol.

A Barcelone, le 10 octobre, après le discours du président de la Généralité Carles Puigdemont. GEORGES BARTOLI / DIVERGENCE POUR LE MONDE
Ce dernier semble toutefois avoir opposé une fin de non-recevoir à cette ouverture, jugeant « inadmissible » cette déclaration d’indépendance « implicite ». Il doit se réunir mercredi matin en conseil des ministres extraordinaire afin de décider de la réponse à apporter, rapporte El Mundo. Dans la soirée, la vice-présidente du gouvernement avait estimé que « M. Puigdemont ne sait pas où il va, et ne peut imposer une médiation ».
Les responsables politiques catalans de tous bords ont aussi diversement apprécié la stratégie du chef de file indépendantiste. Ines Arrimadas, porte-parole de la formation antinationaliste Ciudadanos a estimé que cette annonce mettait « l’autonomie de la Catalogne en danger ». La dirigeante du parti indépendantiste de gauche radicale CUP, Anna Gabriel a, au contraire, jugé que la région a « manqué une occasion historique », selon le quotidien El Pais.
Dans la foule, massée devant le Parlement catalan, des applaudissements ont salué le discours de M. Puigdemont, mais des manifestations de colère étaient aussi perceptibles et certains ont préféré quitter la place avant la fin du discours, raconte le quotidien espagnol Publico. Pour certains militants indépendantistes, la décision du président de la Généralité de laisser du temps au dialogue est une « trahison ».
Les éditorialistes du journal conservateur ABC, se montrent, eux, sévères envers la prestation de M. Puigdemont. Il a cherché à « gagner du temps », estime l’une d’entre elles, évoquant « une journée triste pour l’Espagne ». Il n’a pas « osé livrer la bataille finale », écrit un autre. Une troisième estime que désormais « la balle est dans les mains de Rajoy », le président du gouvernement espagnol, alors que le chef de l’exécutif catalan s’est posé en « victime d’un Etat oppresseur ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Europe, Politique, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.