Corée du Sud – Corée du Nord : À quoi ressemble la frontière des deux Corées

Ouest-France 10/102017 Par Clément Bolano

Depuis 70 ans, la zone démilitarisée marque la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. Et pourtant, elle compte ironiquement des milliers de soldats et concentre bien des tensions.

Le mois prochain, Donald Trump entamera une tournée diplomatique en Asie, qui l’amènera à faire escale en Corée du Sud.
Les propos d’un officiel militaire sud-coréen, relayés par l’agence de presse nationale Yonhap, font l’écho d’une possible visite dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière entre les deux Corées, près de la ville de « Panmunjeom et du poste d’observation Ouellette », où s’était déjà rendu le président Obama en 2012
Un défi pour assurer la sécurité du président américain qui menaçait quelques semaines plus tôt de « détruire totalement la Corée du Nord », si les États-Unis devaient se défendre. Si l’escalade de la provocation entre Washington et Pyongyang a repris de plus belle depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, la DMZ n’a, elle, presque pas changé en l’espace de soixante-dix ans.
Une zone pas si démilitarisée
Le long du 38e parallèle, cette ligne de démarcation entre les zones soviétique (au nord) et américaine (au sud) a été tracée dès 1945, à la suite de la défaite du Japon impérial qui occupait la péninsule depuis 1910, soit cinq ans avant l’éclatement de la guerre de Corée.
La ligne de démarcation a été tracée dès 1945, à la suite de la défaite du Japon impérial qui occupait la péninsule depuis 1910. (Photo : Jung Yeon-Je / AFP)
Une fois l’armistice signé à Panmunjom en 1953, les combats cessent sur la péninsule coréenne. La zone démilitarisée est créée, faisant ainsi office de frontière entre la République de Corée, au sud, et la République populaire démocratique de Corée, au nord.
Bunkers, tours de contrôle, batteries de canon et clôtures électrifiées s’étendent sur 248 km de long sur 4 km de large. C’est une gigantesque ligne défensive « rendant quasiment impossible toute invasion des deux côtés », explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste des Corées.
L’armistice est certes signé, empêchant tout combat, mais les deux pays sont officiellement toujours en état de guerre. « La DMZ gèle le statu quo. Tant qu’il n’y a pas de traité de paix, il n’y a pas d’intérêt à la supprimer », poursuit-il. Pourtant, depuis 1974, les Sud-Coréens ont découvert quatre tunnels d’infiltration creusés par le régime communiste, qui pourraient servir à envoyer des soldats vers le sud en cas de réembrasement immédiat.

La zone n’est pas vraiment démilitarisée. Elle est surveillée par des soldats en permanence. (Photo : Jung Yeon-Je / POOL / AFP)
Eh oui, cette zone « démilitarisée » ne l’est en réalité pas du tout. Elle est surveillée en permanence par quelque 700 000 soldats nord-coréens et 410 000 soldats sud-coréens, épaulés par les soldats américains. Tout le long de cette frontière hermétique, on estime le nombre de mines à 1 million.
La zone commune de sécurité
Au milieu de la partie occidentale de la frontière, une centaine de kilomètres au nord de Séoul, la Joint Security Area (JSA), « zone commune de sécurité », est le seul endroit où l’armée nord-coréenne et les forces américano-sud-coréennes se font face directement.
« Quand il y a des négociations, c’est la zone de contact entre les deux Corées », explique Antoine Bondaz. C’est aussi là que siège la Military armistice commission (Commission militaire d’armistice) chargée de faire appliquer l’accord de cessez-le-feu depuis sa signature.
Le site, sous contrôle de l’ONU, est surveillé jour et nuit par plusieurs centaines de soldats des deux côtés. Plusieurs baraquements ont été construits, marquant la frontière physique entre les deux nations. Ces bâtiments bleu ciel sont devenus des lieux de négociations entre les Nord-Coréens d’une part, et les Sud-Coréens ou les Nations unies, d’autre part. « À l’intérieur, il y a simplement une table et des chaises. Rien d’autre. À côté, chaque pays à son bâtiment. Au sud, la Maison de la Liberté, au nord, la Maison de la Paix », raconte le spécialiste de la péninsule coréenne.
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