Mardi 17 octobre à 20h50 sur Arte : Le Roundup face à ses juges.

Mardi à 20h50 sur Arte : Le Roundup face à ses juges.
C’est également le titre d’un livre de Marie-Monique Robin, aux éditions de la Découverte.

À la lumière du procès symbolique de Monsanto tenu en 2016, Marie-Monique Robin expose l’ampleur du scandale sanitaire lié au Roundup, herbicide le plus vendu au monde. Un réquisitoire accablant, paroles de victimes et d’experts à l’appui. C’est le récit d’un procès symbolique contre l’herbicide le plus vendu au monde. Un procès « pour de faux » qui tombe plutôt bien : l’Union Européenne doit décider la semaine prochaine de prolonger ou non l’autorisation du glyphosate, principal ingrédient du Roundup.
Mardi soir, Arte diffuse le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin : le Roundup face à ses juges.Ce n’est pas un vrai procès mais les juges sont de vrais magistrats, venus du monde entier. Ils se sont réunis l’année dernière, à La Haye, au Pays Bas, pour rendre un avis sur ce produit qui arrose les champs du monde entier, ou presque. A la barre, se succèdent les témoins, les victimes, les experts. Un seul absent : l’entreprise Monsanto qui a (quelle surprise) refusé de comparaitre. Tout le monde a un casque sur les oreilles, pour la traduction simultanée, car on parle toutes les langues, dans cette salle d’audience. On vient de France, d’Argentine, des États-Unis, de Norvège, d’Allemagne, du Danemark pour décrire les impacts du Roundup sur la santé humaine, sur celle des animaux d’élevage et sur la nature.Quand un témoin ou un expert est à la barre, la caméra de Marie-Monique Robin en profite pour nous emmener dans le pays en question, avec des reportages souvent bouleversants. Le procès sert de fil rouge, ce qui rend le documentaire très dynamique. Le réquisitoire, surtout, est accablant et révèle l’ampleur de ce scandale sanitaire.Parmi les séquences les plus marquantes, il y a cette équipe de chercheurs en Argentine qui fait du porte à porte auprès des gens qui ont été exposés au glyphosate parce qu’ils vivent près d’une exploitation agricole. On leur raconte les cancers, les fausses couches, les maladies du rein, ils prennent des notes scrupuleusement. L’un des responsables de cette étude est venu témoigner au procès de La Haye.Viennent aussi témoigner une productrice de café à Hawaï, un représentant de producteurs de riz au Sri Lanka (où le glyphosate a été interdit suite à l’explosion de maladies rénales), une mère de famille française dont le fils est né avec une malformation du larynx (elle a pulvérisé du glyphosate dans son centre d’équitation, au début de sa grossesse, avant de savoir qu’elle était enceinte).
La parole de Monsanto manque. On aimerait les entendre expliquer pourquoi ils continuent d’affirmer que le Roundup est « aussi inoffensif que du sel de table. » On aimerait leur avis sur cette étude, menée par la firme elle-même, qui conclue que le glyphosate est cancérigène. Étude protégée par le secret commercial mais révélée par un chercheur américain indépendant.Ce film est salutaire car il permet de mettre des visages sur ce combat citoyen, jusque là presque inaudible. Il est très émouvant de voir se fédérer les colères individuelles venues des quatre coins du monde.
C’est l’histoire d’une colère citoyenne, jusque-là quasi inaudible, et d’une lutte contre un écocide, ou crime contre l’environnement, commis en toute impunité par la firme championne des OGM. En octobre 2016, à La Haye, victimes et experts témoignent – une première – devant le Tribunal international Monsanto, au fil d’un édifiant procès symbolique contre le Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, et sa très toxique molécule active, le glyphosate. Cette année-là, quelque 800 000 tonnes de ce « tue-tout » (son surnom en espagnol) ou de ses génériques ont été déversées sur la planète. Si la multinationale a refusé de comparaître, les victimes ont raconté à la barre les conséquences de son épandage : malformations des enfants, cancers, maladies respiratoires ou rénales et destructions environnementales. Éclairé par des scientifiques, cet accablant réquisitoire révèle l’ampleur de ce scandale sanitaire, qu’illustrent des reportages bouleversants sur la tragédie en cours, de la France à l’Argentine en passant par les États-Unis et le Sri Lanka – premier pays à interdire le glyphosate. « Ce pulvérisateur nous a apporté la mort, alors qu’on voulait simplement gagner notre vie », lâche, amer, un riziculteur sri-lankais contaminé.
RoundupRoundup © AFP / VOISIN / Phanie
Lanceuse d’alerte
Presque dix ans après son enquête « Le monde selon Monsanto », Marie-Monique Robin démontre, faisceau de preuves à l’appui, l’extrême nocivité du Roundup, à l’heure où l’Union européenne doit décider de prolonger ou non l’autorisation du glyphosate sur le marché. Déclaré en mars 2015 « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), et reconnu comme tel par des études scientifiques secrètes commanditées par Monsanto, l’herbicide, omniprésent dans l’eau, l’air, la terre et les aliments, est aussi un perturbateur endocrinien, un antibiotique et un chélateur de métaux – il séquestre les minéraux. Face au silence coupable des agences de santé et à l’inertie des gouvernements, le film, à travers ce procès, montre également la mobilisation à l’œuvre de la société civile mondiale pour faire reconnaître l’écocide. L’enjeu ? La poursuite au pénal des multinationales dont les activités menacent la sûreté de la planète et la santé des hommes.

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