Stop aux poisons dans nos assiettes !

Un doigt dans l’actualité – octobre-novembre 2017 – Thibault McEvoy –

Comment en est-on arrivé là ? La plupart des aliments qui finissent dans nos assiettes sont douteux? Conservateurs, colorants, agents de texture, traces de pesticides et de fertilisants… on nous fait vraiment avaler n’importe quoi ! Un problème de santé publique, bien sûr, mais aussi philosophique. En ne respectant pas ce qui nous nourrit et la terre qui nous le donne – ce qui est déjà en soi carrément dérangeant -, on ne se respecte plus nous-mêmes. 
Pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que, voyez-vous, dans le domaine de l’agriculture comme ailleurs, tout est devenu une question de rendement, de rentabilité, de mage, de fric. A force de concevoir des semences qui donnent le plus possible, on les a non seulement affaiblies et rendues dépendantes à la chimie, mais on les a appauvries en nutriments. Pourquoi voit-on de plus en plus d’intolérances au fameux gluten ? Parce que les blés on été enrichis en cette protéine pour que les farines se « tiennent mieux ». Pourquoi développe-t-on de plus en plus d’allergies dont on a du mal à trouver les causes ? Parce que les produits douteux, les arômes, les stabilisants et autres trucs poisseux sont dans tout. 
Cet été, on a tous frémi en apprenant que des traces de Fipronil avaient été retrouvées dans les œufs. Certes, ça ne concernait « que » 13 lots provenant des Pays-Bas, mais c’est déjà trop ! Un insecticide dans les œufs, même à dose homéopathique, c’est tout bonnement inacceptable ! Mais une fois le vacarme médiatique passé, on est passé à autre chose… jusqu’au scandale suivant !
Un herbicide dans nos céréales et nos pâtes, un pesticide dans les œufs…
Il y a quelques semaines, l’ONG Générations futures a révélé la présence de résidus de glyphosate, un herbicide classé comme étant un « cancérogène probable » dans certains aliments courants. « Désireuse de connaître l’impact sur la santé de ce pesticide (composant du Roundup) le plus vendu en France, l’association de défense de l’environnement a analysé 30 échantillons de produits alimentaires, 18 à base de céréales et 12 de légumineuses sèches, achetés en supermarché », explique Libération. « Constat : seize de ces échantillons contiennent du glyphosate, soit plus de la moitié. Sept céérales de petit-déjeuner sur huit, sept légumineuses sur douze et deux pâtes alimentaires sur sept. Parmi eux, des céréales Kellogs, Weetabix, Leader Price et Granola, des lentilles vertes (qui ont le taux le plus élevé) et des haricots rouges Vivien Paille, des pois chiches Saint Eloi, des pâtes Garofalo… « Je ne suis pas étonnée, affirme Marie-Monique Robin, réalisatrice du documentaire Le Roundup face à ses juges (1), diffusé sur Arte le 17 octobre. Les pouvoirs publics ne font pas leur boulot« .
Les pouvoirs publics ? Parlons-en, justement ! Quand il s’agit de pondre un rapport sur le fameux glyphosate, l’Union européenne copie-colle un rapport de Monsanto, comme le ferait un cancre de 5ème qui fait un exposé pour son cours d’histoire. En 2015, ce fameux rapport de l’Union européenne avait conclu à la non dangerosité du glyphosate. Mais en épluchant le document, on s’aperçoit que pas une, pas deux, pas trois, mais une centaine de pages de ce rapport sont similaires à celles d’un document de 2012 élaboré par le fabricant du Roundup. Car, Monsanto est passé maître dans l’art de faire du lobbying. Lors d’un procès l’opposant à un millier d’américains atteints d’un lymphome non hodgkinien, des documents exposaient ainsi « de manière détaillées la stratégie étendue de la firme pour faire pression sur des scientifiques du Centre international de recherche sur le cancer à Lyon, ainsi que sur des membres de l’administration américaine », rappelle Libération.
Quand à l’État français, il propose cinq  ans de répit avant l’interdiction du glyphosate. Certes l’Union européenne requiert dix ans. Mais on a du mal à comprendre comment un gouvernement qui fait passer la réforme du Code du travail en quelques semaines et par ordonnances ne fait pas de même pour l’interdiction d’un produit toxique ! 
Les agriculteurs ont peur de cette interdiction. On les comprendrait presque. Mais lorsqu’on identifie un poison, on l’élimine. Les solutions existent déjà. Il suffit de demander à ceux qui cultivent du bio, qui pratiquent la permaculture ou une agriculture raisonnée !
Agriculture raisonnée : le principe
Lire : Le Parlement européen pour une sortie du glyphosate d’ici 5 ans ! (Générations Futures, actualités – 24/10/2017)
(1) Voir la présentation du documentaire : Mardi 17 octobre à 20h50 sur Arte : Le Roundup face à ses juges.

A propos werdna01

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