L’inquiétante crétinisation du monde

Un doigt dans l’actualité – octobre-novembre 2017 – Éditorial –
Peut-on raisonnablement penser que l’on peut inverser la tendance et stopper l’avancée de l’idiocratie ? Rien n’est moins sûr ! A contempler l’état de notre pauvre monde, on en vient même à se dire que l’humanité accélère sa propre chute… et qu’elle en mourra ! Plutôt paradoxal lorsqu’on sait que l’humain n’a jamais accédé à autant de connaissances ! Ce savoir commun pourrait sans doute nous conduire peu à peu vers une forme de sagesse collective. Pourtant, il n’en est rien…
« Je suis malheureuse… parce que je suis conne ! et que tout le monde est con ! » chantait l’incomparable Brigitte Fontaine. Ne serait-ce pas là un hymne adéquat pour notre humanité ? Toujours plus malheureuse parce que toujours plus idiote ? Un monde capable d’élire Trump à la première puissance mondiale et de laisser Kim Jong-un faire joujou avec ses pétards atomiques. Un monde manichéen qui ne connaît pas de nuances. Un monde qui tousse, mais qui continue à s’enfumer lui-même. Un monde où l’on meurt de s’empiffrer ici et où on crève de faim ailleurs. Un monde où l’extrême droite teutonne la plus flippante fait 13% aux élections fédérales allemandes et entre au Parlement. Un monde ravi d’apprendre que l’intelligence artificielle rendra bientôt obsolètes nos petites cervelles atrophiées. Un monde brouillé par les écrans. Un monde qui a avalé notre identité humaine pour nous transformer en « téléspectateurs », en « internautes », en « consommateurs » disciplinés, en « électeurs » aveuglés. Un monde où les penseurs, les éduqués, les savants, les érudits sont de plus en plus considérés – grâce à une poignée de populistes carriéristes – comme des « ennemis » du peuple. Un monde où la pensée est réduite à néant, même à l’école où l’on préfère gaver les cervelles que de les stimuler, de leur apprendre à inventer et à sortir de la normativité. Un monde où le spectre de ce briscard de Dieu règne en maître et motive de bestiales bestioles à opprimer les femmes et à tuer des foules…

Peut-on raisonnablement penser que l’on peut inverser la tendance ? Non ! Supprimons donc le « raisonnablement » de cette phrase ! « On ne peut rien contre la volonté d’un homme » affirmait un ancien président. Alors, imaginez un peu si on les rassemblait, nos volontés ! Ne nous résignons pas ! C’est quand on a rien à perdre qu’on peux tout tenter, non ? Et qu’avons nous à perdre, au juste, à part notre bonne grosse coche d’imbécillité collective ?

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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