Nos arrières-grands-parents travaillaient moins que nous

Le Vif.be – 06/11/2017 – Marie Gathon –
Aussi saugrenu que cela puisse paraître, nos ancêtres, qui n’ont jamais connu la joie des vacances, travaillaient moins de jours que nous. C’est en tout cas ce que rapporte l’historien Jean-Louis Beaucarnot, dans son ouvrage « Nos ancêtres étaient-ils plus heureux ? ».
Nos arrières-grands-parents travaillaient moins que nous© Image libre de droit
Lorsque l’on pense à l’époque de nos arrières-grands-parents, on voit des agriculteurs, des mineurs, des ouvriers se tuer à la tâche. S’il est vrai que le travail était très dur à l’époque, et que les congés payés n’existaient pas, nos ancêtres ne travaillaient pas autant de jours que nous par an, selon l’historien Jean-Louis Beaucarnot, dont Atlantico a analysé le dernier ouvrage, « Nos ancêtres étaient-ils plus heureux ? ».
À l’époque, la religion était omniprésente et régissait en grande partie l’organisation de la société. C’est pourquoi on ne travaillait jamais le dimanche. Pour effectuer son calcul, l’historien part donc sur une base de 365 jours à laquelle il soustrait 52 dimanches. Cela fait donc en principe 313 jours de travail.
Toutefois, il faut rappeler que le travail dans les campagnes suivait le rythme des saisons. En été, les journées pouvaient durer 16 heures pour effectuer les travaux les plus pénibles, tandis que la charge diminuait en hiver et se réduisait à 8 heures par jours.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne travaillait pas 313 jours par an. Les dimanches n’étaient en effet pas les seuls jours où le travail était interdit pour des raisons religieuses, du moins dans les campagnes, car en ville certains chiffres montrent qu’en 1893, 27 % des salariés travaillaient déjà le dimanche.
Aux dimanches « chômés », il faut donc ajouter les nombreuses fêtes religieuses et folkloriques. Par exemple, celle du saint patron du village ou de la paroisse, celle du diocèse, celle du saint patron du métier ou de la corporation. Même les animaux (chevaux et buffles) étaient dispensés de travail les jours protecteurs. Plus tous les autres saints locaux, objets de pèlerinage et pardons.
Ainsi, au 17e siècle, dans certaines régions de France, l’historien a répertorié plus de cinquante jours d’obligation d’arrêt de travail. Au cours des siècles suivants, certains jours furent abandonnés, mais ils restèrent très nombreux.
Donc aux 313 jours travaillés, on retire une cinquantaine de jours fériés, reste 260 jours. Soit l’équivalent de nos cinq jours de travail par semaine, jours fériés actuels déduits. 
À cela, il faut encore ajouter les jours de fête familiale : mariages, enterrements, etc. L’historien estime donc que dans les campagnes, on travaillait en moyenne 180 jours par an, ce qui est beaucoup moins que nous, même en déduisant nos quatre semaines de congés payés.
 Jean-Louis Beaucarnot (Auteur) Paru le 2 novembre 2017 / Essai – broché 22 €
Comment c’était avant facebook, blablacar, les coloc et le Bon Coin ? On entend souvent dire que : « c’était mieux avant… »Nostalgie ou réalité ? Pour le savoir, Jean-Louis Beaucarnot, a une nouvelle fois remonté le temps et revisité ses best-sellers, consacrés à l’histoire du quotidien de nos ancêtres, en se demandant qui d’eux ou de nous voyageait le mieux, mangeait le mieux, se distrayait le mieux…Au fil d’un panorama riche et varié, il vous propose un étonnant jeu des différences, mené à partir de documents originaux d’hier et d’aujourd’hui, mis en miroir de façon souvent saisissante, entre le temps de l’obsolescence programmée et celui des économies de bout de chandelles, celui des maisons inchauffables et celui du réchauffement climatique… Une enquête originale, qui vous fera remonter le temps, et vous permettra de trancher par vous même cette grande question, que toutes les générations se sont posées.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Science, Travail. Ajoutez ce permalien à vos favoris.