Demain tous crétins, ou les dégâts des perturbateurs endocriniens – Diffusion : samedi 11 novembre à 22h35 / ARTE

Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse : cette enquête alarmante démontre que les perturbateurs endocriniens affectent aussi la santé mentale.
Les perturbateurs endocriniens
Les perturbateurs endocriniens © Getty / zoranm
Et si l’humanité était en train de basculer vraiment dans l’imbécillité, comme l’imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge « Idiocracy » ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l’échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s’ajoute une explosion des cas d’autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ?
Épidémie ?
Huit ans après « Mâles en péril », qui révélait l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade tirent à nouveau la sonnette d’alarme en dévoilant l’effet néfaste de ces mêmes polluants sur notre intelligence et notre santé mentale. « Demain, tous crétins ? » relaie la parole de chercheurs engagés, comme la biologiste Barbara Demeneix, spécialiste de la thyroïde, ou la biochimiste américaine Arlene Bloom, qui mène depuis les années 1970 un combat acharné contre l’utilisation des retardateurs de flammes (mélanges chimiques ajoutés à une grande variété de produits industriels comme les plastiques, les textiles et les équipements électriques ou électroniques pour les rendre moins inflammables). Leurs études et d’autres nous alertent sur un problème de santé publique dont les législateurs, sous l’influence des lobbies industriels, n’ont pas encore pris la mesure.
Voir le film sur le site de Arte.  Réalisation : Thierry de Lestrade et  Sylvie Gilman / 56 mn/
Perturbateurs endocriniens, les poisons de notre quotidien ©VOISIN/PHANIE
Je reviens du futur, et il se passe des choses bizarres. (France Inter / 9/11/2017)
Les gens n’ont plus aucun vocabulaire, ils se débrouillent avec une dizaine de mots. Plus personne ne sait comment faire pousser des plantes : on arrose les champs avec une boisson énergétique et on s’étonne que rien ne pousse. L’humanité est devenue idiote. Cette histoire, c’est celle que raconte Idiocracy, un film de science fiction américain complètement déjanté.
Et s’il y avait un peu de vrai, dans ce scénario ? C’est là qu’on commence à rire jaune. Car derrière ce titre apparemment potache – Demain tous crétins ? – se cache une enquête édifiante, diffusée samedi soir sur Arte. Documentaire très pédagogique signé Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, qui avaient déjà enquêté il y a huit ans sur l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité. Cette fois, ils se penchent sur la baisse des capacités intellectuelles observées dans plusieurs pays occidentaux. Le constat est frappant : notre QI baisse.
Le personnage principal de ce documentaire, c’est une biologiste anglaise
Elle est chercheuse au CNRS, on énergie force l’admiration. Barbara Demeneix est aussi violoniste amateur et se demande s’il y aura encore, à l’avenir, des Bach et des Mozart. La question peut paraître provocante, mais la chercheuse a constaté que la baisse du quotient intellectuel n’est pas la seule menace qui plane sur les cerveaux. Le nombre d’enfants souffrant de déficit d’attention, d’hyperactivité ou d’autisme est en constante augmentation. 
En cause : les perturbateurs endocriniens auxquels sont exposés les femmes enceintes. Ces molécules chimiques bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Des particules présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les retardateurs de flamme ou encore les plastiques, et qui ont envahi notre quotidien.
On a longtemps cru que le placenta était une barrière protectrice étanche.
Ce n’est pas le cas. Mais on ne sais pas encore vraiment comment les molécules chimiques entrent dans le corps. Cosmétiques, emballages, meubles, textiles… La liste des suspects ne cesse de l’allonger. Nous baignons dans une véritable soupe chimique. Alors comment protéger les cerveaux des futurs bébés? Une alliance entre des scientifiques déterminés et des citoyens informés peut faire évoluer les choses, c’est tout l’objectif de ce film.Jusqu'à présent on pensait que le placenta protégeait le cerveau des bébés des perturbateurs endocriniens
On pensait que le placenta protégeait le cerveau des bébés des perturbateurs endocriniens © Getty /Ioannis Tsotras
S’il fallait retenir une seule chose de cette enquête, ce serait sans doute l’importance de l’iode pendant la grossesse. Les carences en iode ont un impact sur la thyroïde de la mère et sur le développement cérébral du bébé. S’assurer que les femmes enceintes ne sont pas carencées en iode, c’est déjà un commencement pour limiter les effets des perturbateurs endocriniens. Voilà qui incite à manger du poisson quand on est enceinte !

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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