Medef – Viviane Chaine-Ribeiro: « Pourquoi je ne suis pas candidate à la présidence »

Tribune libreL’Opinion 16/11/2017

La présidente de la Fédération Syntec songeait à se présenter à la succession de Pierre Gattaz, l’actuel président du Medef. Elle explique dans l’Opinion pourquoi elle renonce. Elle souhaite toutefois jouer un rôle majeur au sein d’un Medef qu’elle souhaite profondément réformer
Nos modèles économiques et sociaux traditionnels sont mis à rude épreuve et la rapidité de ces transformations fragilisent même les plus puissants. Ce nouveau contexte ne peut que nous interpeller, nous, entrepreneurs et chefs d’entreprises petites ou grandes, sur nos organisations patronales, leur utilité et leur nécessaire évolution. De quel type d’organisation les chefs d’entreprise ont-ils besoin face aux mutations profondes qu’il va falloir affronter ?
Les ordonnances « travail » ont ouvert un champ d’action riche en opportunités pour toutes les entreprises, mais aussi pour les branches professionnelles en clarifiant les rôles de chacun. L’enjeu est maintenant de savoir comment agir dans ce cadre, afin d’en tirer le meilleur parti pour la transformation et le développement de nos entreprises et donc pour l’économie française et l’emploi.
Les attentes et les besoins des entrepreneurs doivent être notre priorité. Que veulent-ils ? De quoi ont-ils besoin au quotidien et sur le terrain ? Étant viscéralement attachée à l’entreprise, je partage leurs attentes simples mais exigeantes, pour pouvoir assurer la performance économique qu’on attend d’eux.
Face à la brutalité et la rapidité des changements de modèles, ils attendent que l’on simplifie leurs contraintes, sécurise leurs protections sociales, des services accessibles, de vrais outils pratiques, adaptés et pensés pour eux ! Notre action doit avoir pour seule obsession de les aider à entreprendre, à se développer, à créer de l’emploi dans les meilleures conditions.
À mon échelle, j’ai commencé à mettre en place cette démarche de service pour les « métiers de l’intelligence productive », avec la création de la première plateforme de protection optimisée, couvrant l’ensemble des besoins transversaux des chefs d’entreprise, quel que soit leur statut ou leur taille.
D’autres fédérations avancent aussi dans la mise en place d’une politique de services, mais nous sommes encore trop fragmentés : à l’ère du multistatut, de la diversité et de la fluidité des parcours professionnels, nous ne pouvons pas continuer avec 500 branches professionnelles et autant de conventions collectives.
J’appelle ceux qui, demain, auront la charge d’accompagner les mutations sociales et environnementales en cours, à être aux côtés des entreprises, à la fois au plus près des exigences de l’environnement concurrentiel mondial mais aussi au plus près des bassins d’emplois
Age du capitaine. Ces sujets se trouvent vampirisés par la polémique sur « l’âge du capitaine » dans le cadre de l’élection du prochain président du Medef dans… 8 mois. Ce n’est pas sérieux. C’est donc convaincue de la nécessité de revenir d’urgence à nos fondamentaux, que j’ai décidé de ne pas être candidate à la présidence du Medef.
J’appelle donc les futurs candidats à repenser les termes d’un syndicalisme patronal qui prenne en compte les évolutions des environnements des entreprises.
Car c’est d’une vraie refondation dont nous avons besoin !
J’appelle ceux qui, demain, auront la charge d’accompagner les mutations sociales et environnementales en cours et de créer une nouvelle croissance économique, à être aux côtés des entreprises, à la fois au plus près des exigences de l’environnement concurrentiel mondial mais aussi au plus près des bassins d’emplois.
Je les appelle à démontrer l’utilité des corps intermédiaires, dont je crois qu’ils sont des remparts à l’éparpillement et à la montée des populismes.
Pour être à la hauteur des enjeux et responsabilités qui nous sont confiés dans cette période de mutations essentielles pour l’avenir de notre pays, je les appelle à s’orienter résolument vers un syndicalisme indépendant et donc vers des modes de financement assis sur des cotisations et non plus sur des subventions. Les chefs d’entreprise auront là de bonnes raisons d’adhérer et d’être fiers de leur appartenance.
Une grande partie de ma vie a été et continue d’être consacrée à l’entreprise ; c’est ce qui me passionne et m’anime chaque jour plus que la veille. Je veux mettre mon énergie, ma réflexion, mon expérience à la mise en œuvre et à l’accompagnement des organisations patronales et de leur utilité au XXIe siècle.

Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de Talentia Software, présidente de la fédération Syntec.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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