Chemin d’enfer – Panne à la SNCF : l’archaïsme ferroviaire à grande vitesse

L’Opinion 03/10/2017Rémi Godeau
EditoMais que fait donc l’Etat actionnaire ? De pannes géantes en trains annulés, de voies fermées en retard accumulés, la SNCF entre à grande vitesse dans une zone de non-retour sans que son propriétaire s’en émeuve. Pardon, il a commandé un nouveau rapport sur l’avenir du rail, comme si plutôt que d’agir il fallait un énième diagnostic sur un groupe poussé à la banqueroute par une dette de 46 milliards d’euros… Pour les contribuables juste bons à éponger les déficits, cette procrastination est tout sauf une surprise : la deuxième paralysie de la gare Montparnasse clôt – momentanément ? – une séquence horribilis, summum de la faillite de l’étatisme ferroviaire.
L’interventionnisme social du précédent gouvernement, alors empêtré dans la loi El Khomri, a ainsi ruiné des mois de négociations sur une réorganisation du travail, pourtant indispensable pour doper la compétitivité du groupe dans la perspective de l’ouverture à la concurrence européenne (la productivité des « roulants » français est inférieure de 35 % à celles des allemands…). Puis la lâcheté d’un Etat piètre gestionnaire a laissé sans réponse la question de l’apurement de la dette. Enfin, à peine imaginée une « règle d’or » pour limiter la dérive financière, le ministre des Transports ne trouvait rien de mieux que de mettre à contribution la SNCF pour financer la ligne Charles-de-Gaulle Express et, plus croquignolesque encore, pour « sauver » l’usine Alstom de Belfort.
Tel est l’héritage que le nouvel exécutif doit gérer : une somme d’inconséquences, de démissions et de mensonges alimentée par autant d’interférences politiques, de règles absurdes, de travers monopolistiques, de sous-investissements mortifères… Depuis trop longtemps « l’intérêt commun » sert d’alibi à une fuite en avant. Désormais, le redressement de la SNCF aura valeur de test de crédibilité.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Transport, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.