Pauvreté en France : l’écart se creuse, les riches font la sourde oreille

Satire Hebdo – 25 novembre 2017 –
C’est officiel, il ne fait pas bon être pauvre : avis à tous ceux qui nous lisent, tant qu’à faire, mieux vaudrait éviter.  En effet, on pourrait penser que le fait que vous vous échiniez à des tâches ingrates pour gagner des cacahuètes que vous dépenser ensuite pour permettre aux grosses fortunes et aux actionnaires de continuer à s’enrichir grâce à votre consommation vous aurait valu un minimum de considération – peut-être même un coup de pouce – afin de pouvoir boucler les fins de mois ? Détrompez-vous : c’est exactement le contraire qui est prévu, car un coup de pouce serait préjudiciable au fonctionnement de l’économie ont tranché les « experts » (1).
Ce n’est peut-être pas pour rien, notez bien : vous rendez-vous compte des bénéfices que vont faire les sociétés de crédit à la consommation quand vous devrez faire appel à leurs services pour financer vos factures en retard ? Décidément, cette année, pour les plus riche, c’est Noël – et le plus beau, loin de se cantonner à juste une journée, cela va durer pendant encore quelques années. Réjouissez-vous, grands patrons, gros actionnaires, héritiers, financiers et consorts : c’est la fête aux cadeaux fiscaux ! Le Robin des riches Ironie suprême, lesdits cadeaux accordés aux 10 % plus riches vont être financés par un prélèvement sur les prestations sociales des plus pauvres L’antithèse de la philosophe de Robin des bois, en somme -, mais une idéologie qui a souvent prospéré dans notre beau pays au cours de l’histoire…
Certes, parfois les choses se sont mal terminées, avec quelques têtes coupées, mais depuis, le ;monde est devenu plus civilisé, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ne pas renouer avec cette charmante tradition ancestrale ? Donnons plus à ceux qui ont déjà tout, et blâmons ceux qui n’ont rien et qui, quand même, pourraient faire un effort plutôt que de compter sur la charité publique (qu’ils financent via la TVA, la CSG, et Cie, mais qu’à cela ne tienne, blâmons-les quand même). Traitons-les de parasites, des pauvres dont le travail est néanmoins considéré comme coûtant trop cher, et qui n’ont pas eu l’idée de naître riches… 

(1) Le groupe d’experts sur le Smic s’est prononcé contre un « coup de pouce » au 1er janvier, selon son rapport consulté mardi par l’AFP, dans lequel il prône une réforme du salaire minimum, qu’il juge trop élevé et peu efficace contre la pauvreté.
Le rapport a été transmis en amont d’une réunion de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), prévue le 18 décembre, lors de laquelle le gouvernement annoncera la hausse du Smic. Consulté chaque année depuis 2008 avant chaque revalorisation, le groupe d’experts a toujours déconseillé aux gouvernements d’accorder un « coup de pouce ». 
Cette année, s’il constate une « embellie » de l’économie française, celle-ci est « d’une ampleur moindre que celle observée dans l’environnement économique immédiat de la France ». Il cite notamment la croissance « nettement inférieure à celle de la zone euro », la baisse du chômage également « plus faible en France », ou encore le « déficit de compétitivité » du secteur productif et le taux de marge des entreprises qui « n’a pas encore retrouvé en 2016 son niveau d’avant la crise ».
 Compte tenu de ces « fragilité manifestes », le groupe d’experts « recommande » de « s’abstenir de tout +coup de pouce+ au 1er janvier 2018″, afin de ne pas fragiliser les améliorations en cours ». (Le Figaro – 5/12/2017)
Le groupe d’experts sur le Smic est composé de cinq personnalités choisies – Elles sont nommées par arrêté du Premier ministre sur proposition des ministres chargés du travail, de l’emploi et de l’économie. Le mandat de ces cinq personnalités est d’une durée de quatre ans et n’est pas révocable.
Gilbert Cette, 61 ans, a été nommé président du groupe d’experts sur le Smic, par arrêté publié au Journal officiel du 25 août 2017. Gilbert Cette est professeur associé d’économie à la faculté de sciences économiques de l’université d’Aix-Marseille et adjoint au directeur général des études et des relations internationales de la Banque de France.
Le groupe d’experts sur le Smic est également composé de quatre autres personnalités : André Zylberberg, économiste spécialiste du marché du travail, directeur de recherche émérite au CNRS, membre de l’École d’économie de Paris ; Isabelle Méjean, professeur associé à Polytechnique, spécialiste de macroéconomie appliquée, chercheur au Crest (Centre de recherches en économie et statistique) ; Andrea Garnero, économiste à la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales l’OCDE ; et Marie-Claire Villeval, directrice de recherche au CNRS au groupe d’analyse et de théorie économique, spécialiste de l’économie comportementale…

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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