Ressusciter les centres-villes. Chiche !

Le gouvernement doit présenter, le 14 décembre, un plan de revitalisation des centres-villes des villes moyenne. Il est grand temps de s’attaquer à ce problème qui concerne près d’un quart de la population française.
Le Monde | 08.12.2017

Centre ville d’Auxerre, desertification commerciale, economique, fermeture de petits commerces et magasin de proximite *** Local Caption *** Centre ville

Editorial du « Monde ». Saint-Brieuc, Vierzon, Béziers, Calais ou Hayange. Quelle que soit la région, le constat est le même : des stores métalliques baissés, des vitrines badigeonnées au blanc de Meudon, des écriteaux « Bail à céder » ou « A louer ». Bienvenue dans ces centresvilles, qui se meurent dans l’indifférence de Paris et des grandes métropoles.
Sous-préfectures touchées par la désindustrialisation, petites villes minées par le développement de la périphérie, la dévitalisation du commerce urbain se répand à bas bruit, mais de façon implacable. Le taux de vacance commerciale, c’est-à-dire la part des magasins qui sont sans activité, vient d’atteindre un niveau inégalé de 11,7 %. En 2012, la proportion n’était que de 7,2 %.
Les explications sont nombreuses et anciennes. D’abord, la politique d’encouragement à l’accession à la propriété individuelle dès la fin des années 1960. Le « rêve pavillonnaire » a incité les habitants à quitter les centres-villes pour les espaces périurbains, où les terrains à construire sont plus nombreux et plus accessibles. Ensuite, il y a eu la multiplication des grandes surfaces en périphérie, facilitée par l’usage de l’automobile et le laxisme des commissions départementales d’équipement commercial.
Cercle vicieux
A cela s’est ajoutée une dégradation des centres-villes, à l’urbanisme vieillissant, alors que les rénovations sont soumises à une réglementation contraignante. L’appauvrissement du tissu économique du fait des mutations économiques n’a fait qu’accélérer la dévitalisation en faisant fuir une partie de la population, contribuant à réduire l’assiette fiscale.
Les centres-villes continuent pourtant à supporter un coût des services toujours aussi élevé. Pour compenser, les élus ont cédé à la tentation d’augmenter les impôts locaux, entretenant un cercle vicieux qu’on a aujourd’hui du mal à briser. Enfin, le commerce en ligne est en train de porter le coup de grâce à un tissu commercial qui avait déjà eu du mal à s’adapter aux précédentes évolutions des habitudes d’achat.
Peu à peu, les commerces de base (boulangerie, boucherie) ont été remplacés par des agences bancaires, des assureurs ou un commerce du superflu (boutiques de tatouage, de vapotage), tandis que les populations les plus aisées quittent le centre-ville, de moins en moins animé. Cette dévitalisation a nourri le sentiment d’abandon ressenti par cette « France périphérique », pour reprendre le terme du géographe Christophe Guilluy, où le populisme ne demande qu’à prospérer.
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Après une prise de conscience tardive, le gouvernement décide enfin de s’attaquer au problème. Il est grand temps. Il ne s’agit pas d’entretenir artificiellement un modèle passéiste, mais de redynamiser des espaces qui concernent près d’un quart de la population française et qui sont vitaux pour un développement harmonieux du territoire.
Le plan d’action gouvernemental, qui doit être présenté le 14 décembre, semble aller dans la bonne direction. Il s’agit d’inciter les habitants à revenir en centre-ville en agissant sur l’offre de logements, de faciliter l’installation des commerçants et de développer l’accès aux services, notamment la couverture numérique. On peut regretter que l’idée d’un moratoire sur les extensions de zones commerciales en périphérie n’ait pas été retenue. Cela aurait accordé un répit pour que ces dispositions commencent à produire leurs effets. Car il ne faut pas se faire d’illusions : ce processus de revitalisation sera long et difficile.
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Centres-villes à l’abandon, galeries commerciales en déshérence : une étude, que dévoile « Le Monde », évalue l’ampleur de la désaffection. En cause, notamment, un trop-plein de surfaces commerciales dans le pays et la montée des achats sur Internet.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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