La France d’Emmanuel Macron vue d’ailleurs

L’Opinion 21 /12/2017 Nicolas Beytout
Il reste tant à faire, comme le prouvent ces jours-ci le premier budget de l’ère En marche !
Edito – Après le magazine Time qui avait fait d’Emmanuel Macron « l’Homme de l’année », c’est au tour du respecté The Economist de distinguer la France en en faisant « le Pays de l’année 2017 », saluant ainsi la jeunesse de son chef, sa nouveauté, sa capacité à bousculer le système et les vieux partis. En somme, tout ce qui symbolise l’ouverture et la concurrence, valeurs-clefs de cet hebdomadaire libéral de référence.
C’est un des effets les plus frappants de l’élection du nouveau président de la République : l’image de la France à l’étranger a profondément changé. Nicolas Sarkozy, après avoir impressionné par l’énergie déployée pour sauver l’euro de la crise financière, avait fini par lasser ; François Hollande n’avait jamais imposé ni son personnage, ni sa politique ; et l’hiver dernier, la plupart des étrangers qui nous observent avaient fini par se persuader que, à l’instar des imprévisibles Trump et Brexit, Marine Le Pen allait gagner l’élection présidentielle. A leurs yeux, la surprise Macron n’en fut que meilleure.
Il faut naturellement s’en réjouir. Tout ce qui peut améliorer l’image de la « French touch », tout ce qui peut redonner au pays son attractivité perdue, tout ce qui peut aider à reconquérir une forme d’influence immatérielle, ce que les Anglo-saxons appellent le soft power, est bon à prendre. Mais de là à s’en contenter, il y a un grand pas. Vus de loin, les détails d’une politique disparaissent, on perd le sens du relief. Les hauts et les bas s’estompent et seule persiste la couleur dominante du programme.
Et puis il reste tant à faire, comme le prouvent ces jours-ci le premier budget de l’ère En marche !, ses mauvaises surprises fiscales et son incapacité à réduire les dépenses publiques. Les prix attribués à la France d’Emmanuel Macron ressemblent plus à des encouragements qu’à des félicitations.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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