Richesses mondiales : des inégalités très inégales

Le Canard Enchaîné – 20/12/2017 – J.-M. Th. –
Le problème avec la théorie du ruissellement (1), c’est que beaucoup restent à sec. Si, avec la mondialisation, il y a un peu moins de crève-la-faim, plus de riches meurent d’excès, et pas seulement pendant les fêtes. Les pauvres le sont un peu moins, mais les riches le sont bien plus, et les inégalités s’accroissent. La preuve par le premier rapport sur les inégalités mondiales rédigé pat Thomas Piketty et une centaine d’économistes. Où l’on apprend qu’entre 1980 et 2016, le 1 % de la population le plus fortuné de la planète a capté 27 % des richesses mondiales produites, et les plus pauvres seulement 12%. 
Les inégalités augmentent, mais de façon très inégale. La palme revient au Moyen-Orient, où les 10 % les plus aisés s’arrogent 61 % des richesses produites. Les émirs qataris et autres princes saoudiens ne sont pas très partageurs. Pareil en Inde, où le système de castes continue de faire de émules. Comme au BRésil en dépit du passage à la présidence de l’ouvrier Lula. Pas de quoi casser les Brics ! 
L’Afrique subsaharienne n’est pas mieux lotie, qui voit 10 % de la population s’arroger plus de la moitié des richesses. Aux États-Unis, c’est moins de la moitié (47 %). Mais le pays de Mickey et de Donald Trump est celui où les inégalités ont le plus progressé en trente-cinq ans. Les milliardaires du Net, de l’informatique et du téléphone ne sont pas près de raccrocher.

Cent ans après la révolution bolchévique, la Russie, elle, a le triste privilège de faire aussi bien que les américains en matière d’inégalités, merci camarade Staline. Et les Chinois ne sont pas loin : 10 % de la population se réserve 41 % des richesses. Sept cent millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté mais restent pauvres, merci camarade Mao.
La vieille Europe demeure le continent le moins égalitaire de tous. Les 10 % les plus aisés se partagent 37 % du revenu global (ce qui n’est pas cependant négligeable à l’intérieur de vieilles démocraties). L’État providence n’a plus la cote, mais ses vertus redistributives se font encore ressentir. La progressivité de l’impôt n’a pas eu que des effets négatifs, et, comme le soulignent les auteurs du rapport, « les politiques publiques ont un fort impact sur les inégalités« .
Il  fallait ien mobiliser 100 économistes pour le découvrir.
(1) WikipediaEn 2017, avec la réforme de l’ISF, le Gouvernement Edouard Philippe est accusé de s’appuyer sur la théorie du ruissellement.
La théorie du ruissellement (en anglais : « trickle down economics ») est une théorie politique sur l’économie selon laquelle, sauf destruction ou thésaurisation (accumulation d’argent), les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement, contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société.
Cette théorie est notamment avancée pour défendre l’idée que les réductions d’impôt y compris pour les hauts revenus ont un effet bénéfique pour l’économie globale. L’image utilisée est celle des cours d’eau qui ne s’accumulent pas au sommet d’une montagne mais ruissellent vers la base…

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