Sommet One Planet Summit : la finance verte ne sauvera pas le climat, NON à une économie climaticide !

Pluriel Nature – Janvier 2018 – Édouard Deboux –

Annoncé comme le moyen de donner un nouvel élan international à la lutte contre les dérèglements climatiques et d’apporter une réponse à la décision des États-Unis de se retirer de l’Accord de Paris, le sommet organisé par Emmanuel Macron ce 12 décembre 2017 a été marqué à la fois par le désengagement des États et le transfert de la charge de l’action aux marchés et acteurs privés.
Communiqué très critique de l’association ATTAC Alors que de sérieuses menaces pèsent désormais sur le possibilité de contenir le réchauffement climatique en deçà de 2°C ou, idéalement, de 1,5%C, le One Planet Summit n’a clairement pas permis de relever l’ambition des politiques climatiques internationales.
Entasser des annonces disparates provenant pour une bonne part d’acteurs économiques, financiers et institutionnels dont les activités et (in)décisions des années passées ont nourri l’aggravation du réchauffement climatique, ne peut se substituer aux mesures courageuses et visionnaires dont nous avons besoin aujourd’hui.
Une annonce doit être soulignée : la Banque Mondiale affirme vouloir se désengager totalement des soutiens qu’elle apporte à l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz – malheureusement pas du charbon – d’ici à 2019. En creux, cette annonce illustre l’inacceptable et insoutenable inertie des institutions financières publiques européennes et françaises : pareil engagement, avec une date et un calendrier précis, aurait dû être pris par la Banque Européenne d’Investissements (BEI) et la Caisse des Dépôts et Consignations dont les financements pour les énergies fossiles et les infrastructures carbonées se poursuivent comme si de rien n’était.

Notre message à destination du gouvernement français, des institutions européennes et des acteurs privés, rappelé avec force lors d’une action symbolique le 12 décembre est clair : « pas un euro de plus pour les énergies fossiles ! »
La Caisse des Dépôts et Consignations qui collecte l’épargne des livrets A et Développement durable, devrait ainsi immédiatement cesser l’utilisation de ces fonds pour des financements qui ne seraient pas climato-compatibles. C’est le minimum exigible et les annonces du ministre de l’Economie et des Finances sont encore insuffisantes à ce sujet.
Les annonces sur la mise en place de nouveaux marchés carbone (Chine, Mexique, etc.), qui ont pourtant montré leur inefficacité notable à l’échelle européenne, et l’insistance donnée à la « finance verte », dont ATTAC France a récemment montré toutes les limites, sont inquiétantes : les dispositifs volontaires et non-contraignants ne sont pas de nature à rendre l’ensemble du système financier et des activités économiques climato-compatibles.
C’est pourtant l’enjeu majeur qui aurait dû être à l’ordre du jour  de ce sommet : faire en sorte que les grandes déclarations sur l’urgence climatique se transcrivent enfin en une profonde mutation de cette formidable machine à réchauffer la planète qu’est l’économie mondiale.
Ce n’est malheureusement pas le cas. « Deux ans jour pour jour après la COP21, les chefs d’États et de gouvernement préfèrent confier les clés de notre avenir collectif aux marchés financiers internationaux, aux banques et multinationales, aux partenariats public-privé et à la finance carbone plutôt que de prendre la tête d’un nécessaire et urgent sursaut politique international » explique Maxime Combes, porte-parole d’ATTAC France sur les questions climatiques.
Aujourd’hui l’économie mondiale ultra-libérale est climaticide
– Elle favorise les inégalités sociales, les circuits longs, l’uniformisation, les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale des multinationales. L’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’accroît et la destruction de la biosphère s’accélère.  L’économie mondiale doit être régulée, les critères sociaux, écologiques et climatiques doivent s’imposer dans cette régulation. La liberté d’entreprendre, le commerce national et international devraient être soumis à l’impératif climatologique. 
La politique doit établir des règles claires, les États doivent mettre en place de nouvelles réglementations pour interdire les paradis fiscaux, taxer les transports routiers et aériens sur les longues distances et aider les véritables solutions : circuits courts, sauvegarde des terres agricoles et culture bio paysanne non intensive, autonomie alimentaire, énergétique des populations… 
Les multinationales qui s’accaparent les marchés au détriment des filières locales sont souvent le problème. Elles devront décroître et les États doivent favoriser dans chaque bassin de vie une alimentation bio, locale et de saison, les petites et moyennes entreprises, les petites fermes biologiques, les coopératives citoyennes d’énergies renouvelables et les déplacements plus écologiques doivent être soutenus. 
Nous ne pourrons pas sauver le climat sans une régulation de l’économie.
Le CETA est, par exemple, incompatible avec une économie écologique protégeant le climat. Si nous ne régulons pas l’économie et la mondialisation, nous perdrons la bataille pour sauver le climat, la biodiversité et l’humanité… 

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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