Un an de Trump à la Maison Blanche : quel bilan au-delà des tweets ?

… C’est un travail de sape des fondements mêmes de la démocratie qui laisse l’Europe assez seule sur la scène internationale

Ouest-France 19/01/2018 Laurent MARCHAND.
Editorial. Un an après l’entrée officielle de Donald Trump à la Maison Blanche, le Président américain continue de défrayer la chronique. Il divise, provoque, insulte à tour de bras. Mais quel bilan tirer de son action ? Notre éditorialiste Laurent Marchand, spécialiste des questions internationales, apporte des éléments de réponse.
Ce fut un choc, et on ne s’en est pas encore totalement remis. Il y a un an, un an seulement, Donald Trump entrait à la Maison-Blanche. La couleur fut donnée d’emblée, le 20 janvier, lors du discours d’investiture. Jamais on n’avait entendu un nouveau Président ne faisant même pas semblant de vouloir unir son pays.
Trump divise, provoque, insulte, et éructe sur Twitter, sans frein. Sur tous les sujets, intérieurs comme internationaux. Tous ceux qui l’ont approché sont unanimes pour dire que sa capacité de concentration est proche de zéro. Il lit peu, ne se documente pas. Il aurait même vite jeté l’éponge lorsqu’un instructeur est venu l’informer, il y a un an, des implications de tous les articles de la Constitution.
Faire diversion à bas coût

Pour les caricaturistes, c’est du pain bénit. Or, l’hyperpersonnalisation que ce type de personnage donne à la fonction peut aussi être un écran de fumée. Chez les aspirants autocrates, provoquer les médias, les juges et les élites, c’est faire diversion à bas coût. Tout en confortant le cœur d’un électorat ravi d’être, pour une fois, sous les projecteurs.
Oublions donc les tweets, un instant. Quel est le bilan de Donald Trump en un an de présidence ? Son principal trophée est la réforme fiscale, à peine votée. Elle profite aux très riches, mais la conjoncture favorable pourrait en élargir les effets, il est trop tôt pour le dire. Pour le reste, Trump s’est attaché à déconstruire l’action d’Obama. Sur la santé, l’immigration, le multilatéralisme.
Des décisions dans le dos des diplomates
L’atterrissage à Washington a été particulièrement brutal. Avec l’administration comme avec ses équipes. La plupart des conseillers présents sur les premières photos prises dans le Bureau ovale sont depuis partis. Sous les scandales, les enquêtes, la colère du chef. Remplacés souvent par des militaires, dont le poids a été croissant au fil des mois.
Au Département d’État, siège de la diplomatie, le choc a été très violent. Des centaines de postes ne sont toujours pas pourvus et certaines décisions, comme le transfert à Jérusalem de l’ambassade en Israël, ont été prises dans le dos des diplomates. Washington ne veut plus être leader en matière de normes commerciales, ne veut plus entendre parler de l’Onu et supporte de mauvais gré ses engagements auprès de ses alliés.
La démocratie américaine vit un test de résistance
Depuis 1945, la puissance américaine a toujours mené, parallèlement à ses intérêts, un travail de promotion de la liberté et de la démocratie, en fidélité aux principes fondateurs des États-Unis. Avec Trump, c’est fini. Il s’entend manifestement mieux avec les autocrates qu’avec les démocrates. C’est là le bilan probablement le plus lourd de cette année.
Car la démocratie américaine vit une sorte de test de résistance hors norme. Elle résiste plutôt bien. Les juges ont dignement fait respecter le droit. Le Congrès a raboté certains projets présidentiels. Les journalistes ont admirablement fait leur travail. Les contre-pouvoirs ont tenu, pour l’instant.
Le trumpisme n’en est pas moins délétère. Insulter et discriminer les minorités, soutenir les suprémacistes blancs, traiter les médias « d’ennemis du peuple », ses adversaires politiques de « criminels », banaliser le racisme. Ce ne sont pas que des mots ou des tweets. C’est un travail de sape des fondements mêmes de la démocratie qui laisse l’Europe assez seule sur la scène internationale. Cela offre aux Européens une opportunité inédite d’émancipation. Une responsabilité aussi.

Un an après, Donald Trump a (malheureusement) tenu toutes ses promesses

L’Opinion 19/01/2018 Gilles Sengès
Alors que Donald Trump fête samedi sa première année à la tête des Etats-Unis, l’heure est venue de faire le point sur son action à la Maison Blanche.
Voilà déjà un an que Donald Trump occupe la Maison Blanche et force est de reconnaître qu’il a tenu quasiment toutes ses promesses ! Il s’était engagé à mettre sens dessus dessous Washington : par ses tweets rageurs et ses déclarations fracassantes, il a réussi sans doute au delà de toutes ses espérances….
Donald Trump
Maison Blanche
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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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