Lévothyrox, Lyme, Linky, Vaccins : les patients contre-attaquent !

La lettre d’Alternative santé N° 279 – Édito d’Arnaud Lerch – 
     Bonjour à tous,
Quand les autorités font preuve d’inertie ou réforment au bulldozer, ignorent la parole des patients et leurs droits, ou refusent de s’attaquer à la question des conflits d’intérêts dans la santé, le seul recours qui reste parfois est l’appel à la justice et aux tribunaux.
C’est dommage de devoir en arriver là, mais il semble que ce soit la seule manière de se faire entendre ces temps-ci au pays du « dialogue social ». Avec l’aide d’avocats, des patients et des citoyens courageux (dont un certain nombre de nos lecteurs) tentent en ce moment même de faire entendre leurs voix et leurs droits. Petit panorama des initiatives de ce début d’année.
Levothyrox
Depuis le scandale Levothyrox de l’été dernier et face à l’incurie des pouvoirs publics dans la gestion des effets indésirables de la « nouvelle formule », plusieurs plaintes ont été déposées. Après les 1 200 personnes autour de l’Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT) portant plainte pour « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui » en septembre dernier, 23 patients ont attaqué récemment en référé les laboratoires Merck à Toulouse pour « préjudice d’anxiété », du fait d’un défaut d’approvisionnement du Levothyrox ancienne formule (Euthyrox). Car malgré les effets d’annonce du ministère en octobre dernier, l’ancienne formule ne représentait en décembre dernier que 0,5% des produits à base de lévothyroxine en pharmacie.
Lorsqu’on connaît les effets indésirables expérimentés par certains, on comprend qu’ils soient prêts à faire des centaines de kilomètres pour aller acheter l’ancienne formule à l’étranger. Déboutés par la justice le 10 janvier dernier, car ils n’avaient pas pu prouver la difficulté de se procurer le médicament, les plaignants se tourneront vers un autre tribunal après avoir fait la tournée des pharmacies locales en présence d’huissiers…
Enfin, à l’initiative de l’association Alerte Thyroïde, des manifestations sont bientôt prévues à Lyon, Montpellier et Saint-Denis devant les sites de l’Agence du médicament (ANSM) pour obliger l’État à rendre l’ancienne formule disponible à tous.
Plus de renseignements : Association Française des malades de la Thyroïde
Maladie de Lyme
D’ici la fin du mois janvier, ce sont plus de 300 personnes atteintes de la maladie de Lyme qui porteront plainte au pénal contre le Centre national de référence des Borrelia (CNR) et l’ANSM, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui », « abus de biens sociaux » et « violation du principe d’indépendance des experts et du principe d’absence de conflits d’intérêts ».

La maladie de Lyme ou la borréliose de Lyme. est une maladie infectieuse transmise par les tiques pouvant affecter les chiens et les personnes. Signes et symptômes.

Dans leur collimateur, notamment, l’inefficacité du test ELISA actuellement utilisé pour dépister cette maladie transmise par les piqûres de tiques. Ce test, conçu à partir de souches américaines de la bactérie plutôt qu’européenne, a été décrit par le professeur Perronne spécialiste de la question comme « bon à jeter à la poubelle ». Contrairement aux tests vétérinaires (plus performants !), le test humain ELISA ne détecte en effet que 3 à 5 bactéries pouvant causer Lyme, alors qu’il en existe plus d’une dizaine. Les associations de victime réclament de longue date de meilleurs outils diagnostics et des traitements plus adaptés, mais sans succès.  Et lorsque des médecins ou pharmaciens consciencieux sortent des recommandations officielles en faisant faire un test complémentaire en parallèle (le Western Blot), ils sont fréquemment poursuivis pour escroquerie par la Caisse primaire d’Assurance Maladie. C’est ce qui avait valu à Viviane Schaller d’être condamnée à neuf mois de prison avec sursis et à fermer son laboratoire d’analyse médicale. Même harcèlement des autorités, soit dit en passant, lorsque les médecins s’aventurent à prescrire autre chose que les (notoirement insuffisantes) trois semaines d’antibiotique règlementaires (par exemple voir l’affaire Tic Tox).
Pourquoi, alors, cet acharnement des autorités à prescrire uniquement un test non fiable ? Pourquoi laisser des milliers de malades de Lyme dans l’errance médicale, au risque qu’ils se retrouvent, comme certains d’entre eux, internés en hôpital psychiatrique du fait que les symptômes dont ils se plaignaient ne correspondent pas aux résultats peu fiables du test ELISA ? Les avocats d’Epinal en charge de la plainte ont là-dessus une petite idée… ils constatent une certaine « consanguinité » entre les fabricants dudit test de dépistage et l’organisme officiel censé en évaluer l’efficacité et suspectent de possibles liens d’intérêts.
Plus de renseignements :  Lymaction
Voir aussi notre dossier « La menace Lyme »
Compteurs Linky
Comme nous vous l’expliquions il y a peu, des procédures judiciaires sont en préparation contre ENEDIS, la filiale d’EDF, pour s’opposer à la pose des nouveaux « compteurs intelligents », suspectés d’amplifier ou de générer des problèmes d’électro-hypersensibilité (EHS).

Ici aussi, les patients sont sans recours et l’errance médicale est de mise, puisque le ministère de la Santé s’abrite derrière « l’absence de diagnostic validé » pour surtout ne rien faire, et orienter les personnes vers des prises en charge exclusivement psychologiques, une situation dénoncée de longue date par des associations comme le PRIARTEM. Celle-ci réclame avec d’autres des protocoles de diagnostic et de prise en charge médicaux concrets, par exemple inspirés de ceux de l’Association des médecins autrichiens ou de l’Académie Européenne de Médecine Environnementale.
En France, bien entendu, on préfère la chasse aux sorcières plutôt que d’encourager le financement public de recherches pour mettre au point des diagnostics fiables. C’est ainsi que le directeur des études scientifiques d’EDF et la Direction Générale de la Santé ont alerté l’Ordre des médecins quant aux pratiques du fondateur et président de l’ARTAC, le Docteur Belpomme, un des seuls médecins en France à prendre en charge les EHS. L’Ordre des médecins a instruit une plainte contre lui en décembre dernier, au motif qu’il fournissait des certificats médicaux standardisés de « Syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (Sicem) » sur la base d’un examen de type Doppler du cerveau insuffisamment éprouvé (« encéphaloscan »). Ces certificats étant ensuite utilisés par les EHS pour s’opposer à l’installation du Linky chez eux, on comprend que le professeur Belpomme soit rapidement devenu « l’homme à abattre »…
On comprend aussi, dans ce contexte, pourquoi les avocats actuellement engagés dans la bataille contre le Linky souhaitent soumettre leurs plaignants à des protocoles objectifs de mesure de leurs préjudices de santé (constatés par huissiers) avant d’engager une procédure contre le géant ENEDIS.
Plus de renseignements : Action refus de Linky
Association P.R.I.A.R.T.E.M Électrosensibles de France
Loi sur l’extension de l’obligation vaccinale
Après les pétitions, les manifestations, les rendez-vous au ministère de la Santé contre cette loi, et les différents argumentaires montrant son inutilité ou sa dangerosité, voici donc venu le temps de la judiciarisation. Bien décidé à ne pas se laisser intimider par le passage en force du gouvernement, le collectif EPVL (Ensemble pour une Vaccination Libre) portera plainte contre X au pénal dès la publication du décret d’application de la loi, c’est-à-dire d’ici la fin du mois de janvier. Notamment pour les infractions suivantes : « violation du principe d’indépendance des experts et trafic d’influence », « administration de substances nuisibles ayant porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique » ou « expérimentation sur la personne humaine sans avoir recueilli le consentement libre et éclairé des titulaires de l’autorité parentale ». Le collectif invite ses adhérents ainsi que toute personne le souhaitant à se joindre à la plainte (aucun coût engagé) qui rassemble d’ores et déjà plus de 1000 personnes.
Plus de renseignements :Plainte d’EPLV
Alternative Santé soutient et soutiendra bien sûr toutes ces initiatives qui défendent, en réalité, nos droits à tous. C’est comme vous le savez dans notre ADN d’être au côté des Impatients de tous bords ! Bravo et merci à tous pour votre courage et votre ténacité, c’est du baume au cœur en ce début d’année.
Cette semaine sur Alternative Santé
Lactobacillus reuteri : le probiotique plein de promesses
Lactobacillus reuteri compte parmi les premières souches à coloniser le tractus digestif du nouveau-né. Isolé dans le lait maternel, ce micro-organisme des origines joue en réalité un rôle clé dans la santé tout au long de la vie, comme le montrent les dernières études. Bien-être intestinal, fertilité, santé cardio-vasculaire, densité osseuse : zoom sur le potentiel à large spectre d’une bactérie qui évolue avec nous dans un article à découvrir ici.
2800 enfants cobayes d’un vaccin aux risques sous-estimés
Un vaccin « innovant » contre la tuberculose a été testé sur près de 3000 enfants, après que des chercheurs de l’université d’Oxford ont affirmé aux parents qu’il était efficace et sûr. Cette affirmation, comme l’ont démontré des recherches ultérieures, était fausse et fondée sur des résultats d’études animales falsifiés par les chercheurs. Découvrez l’article ici.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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