Quel est le lien entre élevage et déforestation ?

Greenpeace – 02/2017 –
A l’échelle mondiale, l’élevage de bétail est pratiqué de telle manière qu’il exerce une pression trop forte sur l’environnement : il dérègle le climat (au moins 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont causées par ce secteur, d’après la FAO), pollue les nappes phréatiques et s’approprie des terres au détriment des forêts ou des cultures destinées à la consommation humaine.
Cependant, un certain type d’élevage trouve sa place dans un modèle d’Agriculture Écologique respectueux de l’environnement. Dans ce modèle-là, on évite au maximum que l’élevage prive les hommes de terres agricoles qui doivent être cultivées en priorité pour faire pousser des denrées dédiées à la consommation humaine. Ceci signifie que les ruminants (vaches, moutons, chèvres…) s’alimentent principalement avec l’herbe qui pousse sur des surfaces non dédiées à la culture : zones de montagne où seul le pâturage est possible, parcelles libérées par la rotation des cultures, prairies permanentes, zones semi-naturelles où le bétail joue un rôle-clé d’entretien de l’écosystème… Les cochons et la volaille s’alimentent principalement, quant à eux, grâce aux résidus agricoles et aux déchets organiques.
Élevage : une situation économique catastrophique et une impasse écologique
Le modèle agricole actuel prend en tenaille les agriculteurs et leur marge de manœuvre est extrêmement faible, voire inexistante, notamment lorsqu’il s’agit de négocier les prix de vente de leurs productions. Dans le monde, une poignée de multinationales détient un quasi-monopole pour l’achat, la transformation et la distribution des produits agricoles, alors qu’il y a 570 millions d’agriculteurs pour nourrir 7,2 milliards de consommateurs !
Ce constat est encore plus cruel pour les éleveurs car en plus des prix impossibles à négocier, leurs coûts de production explosent. Car l’élevage industriel est en effet un modèle coûteux : il engendre une très forte dépendance aux intrants extérieurs, notamment pour l’alimentation animale ; d’où une situation économique catastrophique pour beaucoup d’éleveurs engagés dans ce modèle industriel.
Les aides, quel que soit leur montant, ne régleront pas ce problème qui persiste depuis des années. Elle ne sont qu’une rustine de plus qui n’impose aucune véritable limite à une course destructrice au plus gros volume, en atteste l’émergence des fermes usines. Dire que revoir à la baisse les normes environnementales permettrait de sauver l’élevage est faux et dangereux : leur renforcement est la seule solution qui s’impose.
Élevage et déforestation
Dans de nombreux pays, l’élevage contribue à la déforestation car les terres boisées sont rasées soit pour en faire des zones de pâturage pour le bétail, soit pour produire des cultures (très souvent du soja) qui sont ensuite utilisées pour nourrir les animaux.
En Amazonie brésilienne, par exemple, 63% de la déforestation est due à l’élevage. Le soja qui y est produit sert directement à nourrir le bétail sur place, mais il est aussi largement exporté. Il est alors utilisé sous forme de tourteaux ou de farine qui servent notamment à nourrir nos vaches laitières, cochons et volailles. Le Brésil est ainsi le premier exportateur mondial de bœuf et de cuir. La France est un important importateur de soja et plus spécifiquement de tourteaux de soja (plus de deux milliards de tonnes de tourteaux de soja importés du Brésil vers la France en 2011).
Cette déforestation à grande échelle nuit à la biodiversité, mais aussi au climat : elle entraîne des émissions de gaz à effet de serre (en relâchant le CO2 emprisonné dans les sols et la végétation et en empêchant donc de capter du CO2 à l’avenir) qui contribuent à exacerber les changements climatiques.
Élevage et eau
L’élevage industriel contribue à gaspiller l’eau. En effet, la production de viande et d’œufs nécessite des quantités d’eau plus importantes que celle de céréales et de légumineuses.
De plus, cet élevage industriel pollue les eaux car il rejette dans l’environnement des quantités importantes de nitrates, du phosphore mais aussi des antibiotiques et autres polluants. On se retrouve ainsi confronté à des problèmes environnementaux, comme les algues vertes en Bretagne, très liées à l’élevage intensif, et qui posent également des problèmes sanitaires importants.*
Les vaches d'une ferme laitière écologique en France.Les vaches d’une ferme laitière écologique en France. © Jean-Luc Bertini
Il suffirait de diviser par deux notre consommation de protéines animales pour dégager assez de nourriture pour deux milliards de personnes supplémentaires. Greenpeace recommande ainsi un maximum d’environ 12 kg de viande issus de l’élevage écologique par personne et par an (soit environ 230 g par semaine) et 26 kg de lait par personne et par an (soit un demi litre de lait par semaine). Le choix de chacun d’adopter un régime végétarien ou végétalien permet également de contribuer encore plus à l’effort collectif de réduction de la consommation de produits animaux.
L’agriculture écologique est la seule à garantir des pratiques agricoles saines et une alimentation de qualité aujourd’hui et pour les générations à venir, en s’appuyant sur les principes de l’agroécologie. Cette agriculture regroupe un ensemble de pratiques durables qui respectent l’environnement. Un élevage écologique joue un rôle clé dans les agroécosystèmes en contribuant notamment à optimiser la fertilisation des sols. Il n’a recours qu’aux terres et aux ressources agricoles qui ne sont pas directement utilisables pour l’alimentation humaine. Sa mise en œuvre implique donc de réduire notre cheptel, en particulier en Europe, pour privilégier la qualité de notre production alimentaire à sa quantité.
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