Controverses – Sur les commémorations en 2018

Fallait-il commémorer Maurras ? Le retrait, par la ministre de la culture, de l’écrivain antisémite Charles Maurras (1868-1952) du Livre des commémorations nationales a ouvert un débat sur ce que la France doit célébrer ou commémorer en 2018
LE MONDE | 02.02.2018 | Par Denis Lacorne (Directeur de recherche au Centre de recherches internationales de Sciences Po)
Ecrivons le vrai Livre noir de l’histoire de France
Inventons une nouvelle catégorie, propose le politologue Denis Lacorne dans une tribune du « Monde », en écho à l’affaire Maurras afin de pouvoir évoquer les pages sombres de notre histoire, sans censure.
Tribune. Disons le crûment, fallait-il décélébrer ­Céline en 2011, et décommémorer ­Maurras en 2018, tout en « commémorant » encore la correspondance de Jacques ­Chardonne et de Paul Morand, deux homophobes et deux antisémites notoires ?

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Photo prise le 1er janvier 1930 qui montre l’homme politique et écrivain français Charles Maurras (au centre) lisant des journaux au siège du journal « Action française » à Paris (le ministre de la culture français a exigé le 28 janvier que l’édition 2018 du Livre français des commémorations nationales soit rappelée et réimprimée suite à la suppression de la liste de l’écrivain français d’extrême droite Charles Maurras. Le chef de la délégation interministérielle française de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), avait fait cette demande le 27 janvier, soutenue par des associations antiracistes). – / AFP

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Ne faisons pas la promotion d’une pensée identitaire
Vouloir commémorer Maurras au moment où une histoire nationaliste gagne du terrain est une erreur regrettable, estime l’historien Sébastien Ledoux
Le Monde | 02.02.2018 | Par Sébastien Ledoux (Historien, université Paris-I/CHS du XXe siècle)
Il est difficile d’évoquer Maurras « dans le cadre de commémorations publiques »
Pour l’historien Sébastien Ledoux, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », si commémorer n’est pas célébrer, faut-il pour autant évoquer Charles Maurras dans le cadre de commémorations publiques ?
La commémoration est d’abord et avant tout une pratique sociale collective de remémoration qui prend pour objet le passé. Elle peut survenir « par le bas », c’est-à-dire s’effectuer spontanément par des individus, comme on a pu l’observer après les attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris ou après celui de Nice en juillet 2016. Les pratiques commémoratives peuvent aussi être instaurées dans un rituel de deuil et d’hommage par des organisations en dehors de toute intervention de l’Etat.

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/ AFP / –

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Commémoration de l’écrivain antisémite Maurras : « Commémorer, ce n’est pas célébrer »
Pour les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales, l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres.
Le Monde | Mis à jour le 31.01.2018 | Par Pascal Ory (Historien) et Jean-Noël Jeanneney (Historien)

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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