Economie – Une nouvelle fraude vide les distributeurs de billets

Ouest-France 10/02/2018

Les techniques de vol aux distributeurs de billets sont devenues monnaie courante. Une nouvelle méthode vient d’être utilisée aux États-Unis : le « jackpotting ». En un temps record, le distributeur crache tout l’argent qu’il contient grâce à un logiciel malveillant. 40 260 € ont ainsi été volés dans le Connecticut.
Pour truander une banque, les pirates informatiques se montrent très souvent ingénieux. Nouvelle illustration avec ce fait-divers survenu le 27 janvier dernier dans le Connecticut, aux États-Unis.
Deux hommes pénètrent dans une banque en tenue de techniciens de maintenance de distributeurs automatiques de billets (DAB). Le personnel de la banque ne se méfie donc pas. Tous deux branchent un ordinateur sur le guichet automatique comme s’ils procédaient à des réparations techniques. En réalité, cela leur permet de brancher sur l’automate un logiciel malveillant qui le programme pour recracher, de l’autre côté, les billets que deux complices récupèrent avec un sac. En l’espace de quelques minutes, ils repartent avec tout l’argent contenu dans la machine. En l’occurrence, 50 000 dollars (40 260 €) ce jour-là.
Méthode du « jackpotting »
Immédiatement après leur départ, une alarme de sécurité de la banque s’est déclenchée. La police a été dépêchée sur place. Et en visionnant les images des caméras de vidéosurveillance, les enquêteurs ont repéré la voiture avec laquelle les voleurs ont fui. Elle a rapidement été interceptée par une patrouille. À l’intérieur, les policiers ont mis la main sur une pince, des tournevis, des câbles, des fils électriques, un appareil électronique, les tenues de techniciens et un sac rempli de billets de 20 dollars. Les hommes à bord du véhicule en avaient également plein les poches.
L’enquête a révélé que cinq jours avant ce braquage, deux autres distributeurs automatiques avaient subi le même sort dans les états voisins du Wyoming et de l’Utah. Ils comparaîtront prochainement pour ces faits. Les accusations de fraude bancaire sont passibles d’un emprisonnement maximal de 30 ans aux États-Unis.

Les accusations de fraude bancaire sont passibles d’un emprisonnement maximal de 30 ans aux États-Unis. (Photo : d’illustration : Daniel Fouray/Ouest-France)
La technique des skimmers
Cette technique dite de « jackpotting », utilisées par les malfrats américains serait nouvelle. Jusqu’à présent, la technique la plus connue, y compris en France, consiste à récupérer les données bancaires par l’intermédiaire de skimmers, c’est-à-dire de bandes magnétiques qui permettent de lire les données de la carte bancaire insérée dans un distributeur automatique de billets.
Une caméra discrète est généralement placée au-dessus du DAB. Elle pourrait se confondre avec une caméra de vidéosurveillance. Elle permet de lire le code confidentiel d’un client. Une fois les données récupérées par les délinquants, elles sont utilisées afin de créer des cartes qui n’ont pas besoin d’avoir un aspect normal, qui sont des similis en termes d’encodage, que ce soit pour le code secret ou le numéro de la carte. La police nationale met en garde contre ce genre de pratique et conseille de cacher sa main au moment de composer son code confidentiel.
Dissimuler bien votre code confidentiel au moment de le composer et veiller à ce que la fente de la carte ne soit pas obstruée… (Photo : David Ademas/Ouest-France)
La police a également déjà été confrontée à une arnaque qui consiste à placer un bout de métal ou de plastique sur la fente d’où sortent les billets. Pour ne pas sauter aux yeux, il est toujours de la même taille et de la même couleur que le bout de métal original couvrant la fente lorsqu’elle est fermée. Sur la partie postérieure de cet élément étranger les escrocs mettent de la colle : ainsi, une fois les billets distribués, ils se collent à ce bout de métal posé sur la fente et l’utilisateur peu méfiant a l’impression que le distributeur ne lui a jamais rendu les billets demandés. Le temps qu’il aille éventuellement s’en plaindre à l’intérieur de la banque, l’argent s’est volatilisé…
Le « card trapping »
Il s’agit d’une variante. Dans ce cas de figure, c’est la carte du client qui se retrouve bloquée. Le tout grâce à l’installation d’une applique avec lame tournée côté distributeur, qui empêche la sortie de la carte lorsque le distributeur la rend à la fin de la transaction. Cette manœuvre est complétée par l’espionnage du code secret, soit directement par un escroc se tenant à côté de la victime, soit grâce à une caméra préalablement installée sur l’automate. La police recommande donc de vérifier qu’aucun objet étranger n’obstrue le passage de la carte bancaire avant de l’introduire.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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