Glaciale hospitalité corse et dirigeants nationalistes amers

La délégation présidentielle n’a pas apprécié l’accueil très frais qui lui a été réservé  à l’hôtel de la collectivité corse à Ajaccio ou Emmanuel Macron a rencontré mardi les dirigeants nationalistes  Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, respectivement président de l’exécutif corse et président de la l’Assemblée territoriale. «  On est resté dans le hall d’entrée à se geler pendant deux heures. On ne nous a même pas proposé un verre d’eau » peste un membre de la délégation.
Le JDD dimanche 11 février 2018
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Corse : les dirigeants nationalistes sont amers après le discours de Macron

Les leaders nationalistes corses ont jugé que la visite de deux jours d’Emmanuel Macron sur leur île était une « occasion manquée ». Le Président est resté ferme face à leurs revendications pour plus d’autonomie.
L’absence du drapeau corse derrière Macron également critiquée
Plus tôt dans la journée, les élus nationalistes avaient montré leur dépit en refusant de s’asseoir à table avec le chef de l’État pour un « déjeuner républicain » à Bastia. Ils lui ont reproché « la teneur assez violente » des propos tenus la veille à Ajaccio au cours de l’hommage rendu au préfet Claude Erignac, vingt ans jour pour jour après son assassinat. Le chef de l’État avait notamment exclu toute amnistie pour les prisonniers que les nationalistes appellent « politiques » car ils ont été condamnés pour des faits de terrorisme. Il s’agissait de l’une des principales revendications des autonomistes qui, forts de leur succès électoral en décembre, avaient entamé des discussions avec le gouvernement. Leurs autres propositions, comme le statut de résident corse ou la co-officialité de la langue corse avec le français, ont également été rejetées mercredi par Emmanuel Macron.
Autre symbole des crispations : plusieurs élus corses ont critiqué l’absence du drapeau corse à la tête de Maure, omniprésent sur l’île, aux côtés de ceux de la France et de l’Europe dans la salle du discours présidentiel au centre culturel Alb’Oru à Bastia. *
 Concernant les autres réactions politiques à cette intervention d’Emmanuel Macron, la droite a semblé regretter la mention de la Corse dans la Constitution. « Une grave erreur » et « une concession inutile et dangereuse pour la République », a ainsi jugé auprès de l’AFP le député LR Eric Woerth. Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est néanmoins félicité des « lignes rouges » fixées par le Président sur les autres revendications. Au PS, le député du Val d’Oise Francois Pupponi a pour sa part estimé que le discours du Président n’était « pas forcément au rendez-vous de l’Histoire », même s’il voit de son côté comme « seule bonne nouvelle » la modification constitutionnelle. Là-dessus, le député insoumis Eric Coquerel a évoqué un « pas qui peut être franchi » mais a prévenu qu’il fallait « tout faire pour éviter une situation de type Catalogne, une situation de blocage ».
(avec AFP)
* ( Pas de drapeau français dans le bureau lors de la visite de Madame …)

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