Les jeunes attirés par une « autre » économie

Essentiel-Santé-magazine – Mars 2018 – Angélique Pineau –
Les moins de 30 ans privilégient désormais un métier qui a du sens. Et se tournent vers l’économie sociale et solidaire pour travailler ou entreprendre « autrement ».
Au moment de choisir entre deux emplois, 70 % des 18-30 ans placent « le sens » du métier exercé parmi les quatre critères principaux de décision (1). Devant la rémunération, l’équilibre vie pro/vie perso ou la situation géographique du poste. L’économie sociale et solidaire (ESS) répondrait-elle à cette quête du sens d’une partie de la jeune génération ? En tout cas, près des deux tiers des 18-30 ans déclarent un intérêt pour le secteur. Mieux, 75 % estiment qu’il contribuera au changement de la société.
Les formations universitaires dédiées à l’ESS se sont développées ces dernières années pour répondre à la demande, tout comme les chaires des grandes écoles ou les Mooc (pour s’autoformer) sur l’entreprenariat social. Un engouement qui tombe à pic. Des emplois seront en effet à pourvoir dans l’économie sociale et solidaire pour compenser les 700 000 départs à la retraite d’ici à 2025 (2).
Leur faire une place « L’ESS est beaucoup plus médiatisée aujourd’hui. Et les jeunes ont l’impression que ses principes peuvent coller à leurs aspirations. Ils veulent se sentir avant tout utiles, se préoccupent de leur impact social et environnemental, et cela pèse sur leurs choix professionnels« , indique Emilie Vidaud, journaliste et auteur de Social Calling (3), qui observe une accélération de ce « réveil social » depuis deux ans.
Pour attirer ces jeunes, les entreprises du secteur ont donc intérêt à revendiquer leur appartenance à l’ESS et à communiquer sur leur utilité sociale. « S’il est évident pour tout le monde que les associations font partie de l’économie sociale et solidaire, c’est moins le cas pour les mutuelles par exemple. pourtant elles sont aussi l’un des acteurs historiques avec les coopératives et les fondations« , souligne Jérôme Saddier président de l’Avise, une agence ingénierie et de services qui accompagne le développement de l’ESS.
« On ne peut que se réjouir de cet attrait pour l’ESS. Mais, de son côté, il faut aussi qu’elle continue de se professionnaliser« , estime Anne Pfersdorff, présidente du Centre des jeunes, des dirigeants, des acteurs de l’économie sociale et solidaire (CJDES) (4). « Car si le secteur ne les accueille pas dans de bonnes conditions, ne leur fait pas une vraie place, les jeunes risquent de ses tourner vers d’autres structures plus souples à leurs yeux, comme les start-up« .
(1) Enquête #moijeune réalisée fin 2017 pour l’Union des employeurs de l’ESS (UDES).
(2) Départs à la retraite et opportunité d’emplois dans l’économie sociale et solidaire, Observatoire national de l’ESS, 2016.
(3) publié en novembre aux éditions Fayard
Parution : 02/11/2017 /260pages /Format :135 x 215 mm / 17 €
Et si les nouvelles technologies pouvaient réparer le monde ? Pendant dix-huit mois, la journaliste Émilie Vidaud a enquêté sur un nouveau phénomène : le réveil social des entrepreneurs.
Ils ont un pouvoir : les technologies. Leur ambition ? Résoudre à grande échelle et rapidement des problèmes sociétaux, tout en créant des entreprises rentables. Ces entrepreneurs, pionniers de la socialTech, sont motivés par la volonté d’être utiles. Leurs start-up inventent des solutions pour l’emploi, la santé, l’éducation ou le gaspillage alimentaire. Mais quel est le dénominateur commun à cette génération en quête de sens plus que de profits ?
C’est le «Social Calling», le «déclic pour agir».
Pour explorer ses ressorts, l’un des plus grands patrons de la Tech française a découvert les trajectoires extraordinaires de dix entrepreneurs sociaux guidés par
le social calling. Pendant un an, le fondateur de l’empire vente-privee, Jacques-Antoine Granjon, a échangé sans langue de bois avec Raodath, Pascal, Gaele, Julie, Maxime, Jean-Charles, Élise, Raphaëlle, Béatrice et Ludovic, qui ont déjà sauté le pas, et dont les parcours doivent servir d’exemples. Inspiré par leur énergie et leur volonté de changer le monde, Jacques-Antoine Granjon révélera-t-il son social calling ?
 (4)  Groupe de réflexion qui rassemble des salariés et des bénévoles issus de toutes les composantes de l’ESS.
Lire aussi : Se former à l’économie sociale et solidaire

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Solidarité, Travail, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.