L’Europe prépare cinq nouveaux projets d’accords de libre-échange

Biocontact magazine – mars 2018 –
Foodwatch dénonce la politique commerciale européenne Le fossé se creuse entre les beaux discours d’Emmanuel Macron pour une nouvelle politique commerciale de l’Union européenne et une « Europe qui protège » (que Foodwatch appelle de ses vœux), et la réalité.
Le rapport « Le commerce à tout prix ? », publié le 7 février par les ONG Foodwatch et PowerShift, révèle le scénario catastrophe des cinq accords en cours de négociations entre l’Europe et le Japon, le Vietnam, l’Indonésie, le Mexique et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Ce rapport met en effet en lumière les menaces sur la protection des droits sociaux, des consommateurs et de l’environnement, sur l’agriculture et l’alimentation (importations de viande, normes sur les pesticides, OGM, etc.), ainsi que sur nos processus démocratiques.
Les cinq nouveaux projets d’accords de libre-échange étudiés présentent des risques très similaires à ceux dénoncés pour l’accord avec le Canada (CETA). Avec de tels accords, nous ne pourrons plus en Europe décider démocratiquement de nos normes, comme interdire de nouveaux OGM ou décider des seuils de résidus de pesticides dans notre alimentation.
Voici trois exemples tirés de l’étude « Le commerce à tout prix ? » :
Importations de viande de bœuf et de soja d’Amérique latine : l’accord Mercosur entraînerait une augmentation importante de la production et des exportations de viande de bœuf, ainsi que de soja et tourteaux de soja vers l’Union européenne. Or, dans cette région, l’impact du développement de l’élevage et de l’agriculture intensifs sur la déforestation et l’utilisation massive d’herbicides comme le glyphosate sont bien connus.
Pesticides et Japon : le Japon utilise plus de pesticides que l’Europe. Avec le projet d’accord de libre-échange, des produits alimentaires avec des niveaux de résidus de pesticides plus élevés pourraient être importés dans l’Union européenne, au détriment du principe de précaution européen.
Huile de palme en provenance d’Indonésie : l’Indonésie est le plus grand producteur d’huile de palme au monde, et espère augmenter ses exportations vers l’UE avec l’accord en cours de négociation. Cet accord pourrait ainsi aggraver l’impact catastrophique de l’expansion de plantations de palmiers à huile en Indonésie sur la forêt, le climat et les droits sociaux. Cela est d’autant plus vrai que cet accord, comme les autres, n’a pas de chapitre sur le développement durable contraignant.
« Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce, mais à condition qu’ils servent l’intérêt général, et non pas les intérêts particuliers des multinationales. L’Union européenne doit réformer en profondeur sa politique commerciale, et la France doit en faire un objectif prioritaire », conclut Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France.
Foodwatch – 28/02/2018 –
L’Union européenne continue de négocier ces accords de libre-échange sans tirer aucune leçon des risques pointés du doigt dans le CETA pour notre santé, notre alimentation, notre agriculture, notre environnement. Où sont les promesses d’Emmanuel Macron ? Où sont la transparence et le principe de précaution ? C’est ça, les lignes rouges !
Les risques de ce type d’accords de libre-échange, qui considèrent à peu près tout comme des barrières au commerce à supprimer ou à contourner, sont bien connus, notamment pour la protection des droits sociaux, des consommateurs et de l’environnement, l’agriculture et l’alimentation (importations de viande, normes sur les pesticides, OGM, etc.). Même la Commission Schubert, mandatée par le gouvernement en 2017 avait confirmé des risques importants sur « l’impact du CETA sur l’environnement, le climat et la santé ».
La France va-t-elle laisser faire ? Emmanuel Macron a accepté l’entrée en vigueur « provisoire » du CETA en septembre, mais promis ensuite à travers un plan d’action du gouvernement plus de transparence et une meilleure « prise en compte des enjeux sanitaires et de développement durable dans les accords commerciaux ». Où sont ces promesses ?
Pour foodwatch et nombre de ses partenaires, ces accords sont antidémocratiques et inacceptables. L’Union européenne doit réformer en profondeur sa politique commerciale, et la France doit en faire un objectif prioritaire.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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