Le nouveau FN ? Un foutoir sans nom

Le Canard enchaîné – 14/03/2018 – J. C. –
Maudit Week-end… Ce devait être le grand redémarrage pour le FN, un véritable « congrès de refondation ». Fini, les murmures du second tour. Terminé, les rumeurs dur Marion Maréchal.
L’ancien stratège de Donald Trump, David Bannon, estime que la présidente du FN pourrait gagner la présidentielle 2022. (La tribune de Genève – 14/03/2018)
Résultat ? Un nouveau nom pour le parti, annoncé  en grande pompe et… déjà déposé à l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle) par un quidam, un assistant parlementaire surpris, dans une boîte de nuit, à traiter un vigile de « sale nègre« , un invité vedette – Steve Bannon – qui n’a que Marion à la bouche et une partielle en Haute-Garonne confirmant la dégringolade du FN passé de neuf mois de 15 à 11 %des voix, soit 3 400 en moins… Et les idées, dans tout ça ? Pas mieux : le programme de renouveau annoncé par Marine Le Pen prend l’eau de toutes parts. 
Verrouillage des potes
L’Europe ? Dans son discours, Marine n’a parlé ni de l’euro ni de Schengen. Elle entend « réécrire les traités ». Pour dire quoi ? Et, surtout, avec qui ? Avec la Ligue italienne qu’elle a saluée dans son discours ? Mais la Ligue n’a jamais remis en question l’appartenance à l’UE des Transalpins. Avec l’aide de l’AfD allemande, même son de cloche. Quant au principal allié européen du FN, le FPÖ autrichien, il vient de signer un accord de gouvernement pour accéder eu pouvoir, dans lequel il affirme son attachement à… l’Europe. Quand ça veut pas…
Le nouveau nom du parti fait l’objet d’un imbroglio juridique, le FN n’ayant peut-être pas racheté la marque « RN » à la bonne personne… Au reste, Marine Le Pen qui souhaitait tourner la page du vieux FN de papa, lui fait un sacré cadeau : le « rassemblement national », Le Pen l’avait certes utilisé en 1986, mais jamais l’avocat d’extrême-droite Jean-Louis Tixier-Vignancour, mentor du paternel, se l’était aussi  approprié… en 1954. Audacieuse, la « refondation » !
Et la nouvelle gouvernance ? En évoquant dans son discours « des pratiques collégiales« , Marine Le Pen à fait de l’œil à certains cadres, qui déplorent les méthodes peu démocratiques de la présidente. Exemple : le comité central, émanation directe de la base, doit, selon les statuts, être réuni annuellement. Il l’a été une fois en quatre ans.  La base souhaitait-elle vraiment rebaptiser le FN ? Difficile de l’affirmer. Le questionnaire adressé aux militants avant le congrès a été « démocratiquement » dépouillé par des petites mains, en l’absence de tout huissier…
Le nom de « Marine nationale » aurait sûrement fait un tabac ! Mince, il est déjà pris, lui aussi…
Mais où était donc Marion Maréchal-Le Pen, ce week-end ? Accrochée aux lèvres de sa tante, captivée par l’élection au comité central ? Pas vraiment. Elle se trouvait à Paris, passant son samedi chez Frédéric Rouvillois, essayiste et collaborateur de « Valeurs actuelles » et de « L’Incorrect », le magazine qui défend ses idées et son retour. Objectif de ce raout ? Placer sur les rails une future tête de pont du conservatisme, la Fondation du Pont-Neuf. Parmi les autres convives, la philosophe Chantal Delsol et Christophe Boutin, un agrégé de droit public, professeur à Caen. La Fondation du Pont-Neuf a pour but de diffuser les idées conservatrices de de fournir des notes aux proches de Marion, mais aussi aux équipes de… Laurent Wauquiez.
Un « concurrent » politique si loin, si proche…

A propos werdna01

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