Europe – Grosse Coalition – Ce qu’il ne faut pas attendre des Allemands

Nicolas Beytout 14/03/2018   L’Opinion
L’édito  – Il s’appelle Olaf Scholz, et comme tous les Européens, les Français vont certainement apprendre à retenir son nom : il est depuis mercredi le nouveau numéro deux allemand, vice-chancelier et ministre des Finances d’Angela Merkel. Autrement dit, il est le grand argentier le plus puissant d’Europe.
Succédant à une personnalité de droite, Wolfgang Schaüble, l’inflexible gardien de l’orthodoxie budgétaire, des excédents allemands et de la rigueur européenne, Olaf Sholz est membre du SPD, la gauche sociale-démocrate qui a finalement accepté de rejoindre la grande coalition menée par l’insubmersible chancelière.
Mais de là à imaginer que les Allemands vont enfin accéder à une partie du rêve français d’accommodement de la discipline budgétaire, il y a un grand pas. Déjà surnommé « le rigoureux », l’homme qui fut pendant un septennat maire de Hambourg a, dans ses premières déclarations de ministre des Finances, clairement fixé le cap : « Nous sommes tous favorables à l’équilibre des comptes ». Fin des espoirs d’une France toujours prompte à casser une cagnotte avant même qu’elle ne soit constituée.
Longtemps, les Français ont espéré que leurs rigoureux voisins assoupliraient leur vision de la politique économique et leur intransigeance monétaire. Longtemps, ils ont caressé l’idée d’une mutualisation des dettes entre Etats dont le sort est lié par l’euro. Longtemps, ils ont parié sur une victoire de la gauche sociale-démocrate pour trouver un terrain d’entente favorable. Ces petits arrangements avec nos propres faiblesses n’ont jamais convaincu les pays les plus vertueux, pas davantage ceux qui avaient produits d’intenses efforts pour redresser leur économie. En Allemagne, les ministres des Finances changent, la règle d’acier reste.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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