Mai 68 – Penseurs : Edgar Morin, Paul Ricœur, Raymond Aron, Alain Touraine… ce qu’ils ont écrit à chaud sur Mai 68

Dès l’été 1968, des penseurs ont tenté d’analyser le mouvement qui venait à peine de s’achever. Voici des extraits de textes de l’époque.

LE MONDE IDEES | 15.03.2018
Comment les intellectuels ont-ils analysé, sur le moment, le mouvement qui a secoué la France en mai et juin 1968 ? Réponses avec quatre textes publiés entre le printemps et l’été qui a suivi les événements.
« Un psychodrame », c’est ainsi que le philosophe (1905-1983) a interprété la révolte étudiante de Mai dans La Révolution introuvable (Fayard), publié en juillet 1968. Mais s’il moque l’« anachronisme » de la « commune estudiantine », il voit un « contenu moderne », donc selon lui légitime, dans les aspirations des cadres d’entreprise à une « décentralisation du pouvoir de décision ».
Le sociologue, qui enseigne brièvement à l’université de Nanterre au printemps 1968, observe les événements avec sympathie. Dans une série d’articles écrit pour Le Monde pendant les événements, par la suite repris dans l’ouvrage collectif Mai 1968 : la brèche (Fayard), il salue notamment la « commune étudiante », « riche, folle, géniale comme une révolution », et s’interroge sur son devenir : finira-t-elle en s’étiolant dans la confusion ou en trouvant la force de sa métamorphose ?
En 1968, le philosophe enseigne à la faculté de Nanterre et suit de près les événements. « Cette révolution attaque le nihilisme d’une société qui, tel un tissu cancéreux, n’a pas d’autre but que sa propre croissance », écrit-il notamment dans l’une des trois contributions qu’il livre au Monde en juin 1968. Nous republions un extrait de ces textes, qui ont été par la suite repris dans la revue Esprit.
Le sociologue, alors professeur à l’université de Nanterre, rédige pendant l’été Le Mouvement de mai, ou le communisme utopique (Seuil), livre dans lequel il soutient que les événements sont liés à la transformation en cours de la société, sous l’effet du progrès technique. L’utopie libertaire, relève-t-il, s’est heurtée « à une utopie dominante, celle des maîtres de la société, proclamant que les problèmes sociaux consistaient seulement à moderniser, adapter, intégrer ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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