Facebook de nouveau sous le feu des critiques

Le Monde 19/03/2018

Les données personnelles de dizaines de millions d’électeurs américains ont été aspirées sur Facebook à leur insu par l’entreprise britannique Cambridge Analytica, propriété de proches de Donald Trump, à partir de 2014.
Le but était de cibler le plus précisément possible les profils des utilisateurs dans le cadre de la campagne présidentielle de 2016. Samedi, grâce aux confidences d’un lanceur d’alerte, The Guardian a donné des précisions sur la manière dont cette base de données a été élaborée. Un chercheur de l’université de Cambridge a construit une application appelée « thisisyourdigitallife », qu’il présente à Facebook comme étant destinée à une recherche académique. Il s’agit d’étudier le profil psychologique (et politique) des utilisateurs à partir de ce qu’ils postent et de ce qu’ils « aiment » sur le réseau social. Le chercheur rémunère des centaines de milliers d’internautes pour y répondre. Mais, au passage collecte aussi les données de leurs « amis », à leur insu.
Ce week-end, des avocats britanniques et américains ont demandé des explications à Facebook, qui n’a pas alerté sur la manière dont ces données étaient récupérées et exploitées à des fins de publicité politique, alors même que l’entreprise était au courant de ces pratiques depuis 2015.
Selon le New York Times, l’élue démocrate de la commission des affaires judiciaires du Sénat a même demandé que le président de l’entreprise, Mark Zuckerberg, vienne témoigner devant ce comité. Une même demande d’explications a émané des élus britanniques. Pour The Guardian cette affaire témoigne de l’absence de « responsabilité » du géant américain et de son incapacité à mesurer la force de son « nouveau pouvoir ». Il rappelle avec une certaine ironie, la ligne de défense de la firme, qui de son côté estime n’avoir « pas enfreint les règles de confidentialité ». Ce dossier, estime le quotidien britannique, devrait pourtant constituer un signal d’alarme pour les gouvernements et les régulateurs, tant les effets des pratiques d’entreprises comme Facebook sont sur le point de « casser les démocraties libérales ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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