L’enquête sur l’argent libyen de Sarkozy passe par les hostos

Le Canard Enchaîné – 21/03/2018 – C. L. et D. H. –
Deux témoins clés sont en « réa » et incapables d’être entendus.
Sarkozy connaît les locaux. Ce n’est pas la première fois que l’ancien chef de l’État est convoqué au siège de la police judiciaire, à Nanterre. Le 20 mars, c’est pour une garde à vue. La justice le soupçonne d’avoir fait financer, pour une part, sa campagne électorale de 2007 par la Libye de Kahdafi. Rien de moins ! L’ex-président peut toujours se consoler : au milieu des policiers de la PJ, il est en sécurité. Et il est en bonne santé ! Dans cette affaire, ce n’est pas le cas de tout le monde.
Après la noyade, dans le Danube, le 29 avril 2012, du ministre du pétole libyen, deux témoins clés n’affichent pas une forme olympique. Ils sont entre les mains de toubibs, et ils ne seront pas en mesure de parler avant longtemps. 
Le premier, l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri, est depuis deux semaines hospitalisé à Londres, où il a été placé en coma thérapeutique a la suite d’un problème cardiaque. Le second, Bachir Saleh, ex-grand argentier du régime de Kahdafi, a été admis en réanimation. Le 23 février, il a reçu six bastos dans le buffet sur la route qui le conduisait de l’aéroport de Johannesburg à son domicile. Le juge Tournaire espérait pourtant beaucoup de l’audition de ces deux protagonistes. Il attendait avec impatiente que la justice anglaise veuille bien extrader Djouhri. « Monsieur Alexandre », qui a tenté de courtiser Macron jusqu’à l’ambassade de France en Algérie, s’était fait serrer à Londres, le 8 janvier, sur la passerelle d’un avion en provenance de Genève. Convoqué plusieurs fois par la justice française, il s’était bien gardé de donner signe de vie. Irrité, le magistrat avait délivré un mandat d’arrêt européen, le 27 décembre, au motif que le sulfureux intermédiaire était « suspecté d’avoir participé, à partir de 2008,à un détournement de fonds publics libyens. »
Toubib or not
Libéré en échange d’une caution fixée à 1,3 million d’euros par une juge londonienne, « Alexandre le petit » s’est vu retirer son passeport et a été contraint de résider chez ses enfants. Jusqu’à son hospitalisation en urgence, le 16 mars, comme l’indique « L’Express » : « Il n’a dit à personne qu’il avait une grave maladie cardiaque, précise un proche. Les médecins ont décidé de le plonger dans un coma pour le soigner. Son état actuel n’est compatible ni avec une extradition, ni avec une détention. » La révélation soudaine de sa maladie est allée jusqu’à faire douter la justice de Sa Majesté. Manquerait plus qu’il ait été piqué par un agent de l’ex-KGB !
Quant à la tentative de meurtre dont a été victime Bachir Saleh (pas non plus en grande forme, donc), les policiers cherchent à déterminer si elle est vraiment crapuleuse. 
Djourhri et Saleh sont de vieilles connaissances. La dernière fois qu’ils ont été aperçus ensemble, c’était le 3 mai 2012, entre les deux tours de la présidentielle. Le libyen et Djouhri se sont retrouvés au pied de la tour Eiffel. Un troisième homme aussi était présent : Bernard Squarcini, à l’époque patron du Renseignements français. Quelques heures plus tard, Saleh, visé par un mandat d’arrêt international, quittait la France pour l’Afrique. Il a vraiment l’habitude que l’on prenne soin de lui.

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