Pourquoi on ne peut jamais vraiment quitter Facebook

Ouest-France – 21/03/2018 – Lucy Embark –
Le réseau social Facebook est dans la tourmente, avec l’affaire Cambridge Analytica. Cette société est accusée d’avoir acquis illégalement des données d’utilisateurs et tenté d’influer sur les campagnes électorales via le réseau social. Résultat : des millions de personnes veulent supprimer leur compte Facebook et effacer leurs informations. Mais ce n’est pas si simple.
Ne croyez pas qu’il suffit de supprimer son compte d’utilisateur pour sortir des tuyaux de Facebook. Pire : même en n’ayant jamais eu de compte Facebook, il se peut que certaines de vos données personnelles aient été récoltées par le réseau social aux 2,13 milliards d’utilisateurs… Facebook n’oublie jamais rien ni personne.
Au cours de ses quatorze années d’existence, le géant des réseaux sociaux basé en Californie (États-Unis), s’est infiltré de manière très intrusive dans la vie de ses utilisateurs, dans le monde entier, sans que ces derniers s’en rendent compte. Et pour effacer toutes ses données personnelles de Facebook, ce n’est pas simple.
Pas facile de supprimer son compte
Ceux qui tentent de quitter Facebook sont dirigés vers l’option « désactiver un compte ». Or ce n’est pas du tout la même chose que la véritable suppression qui efface toutes les données d’un serveur…
Si vous décidez de confirmer votre intention de « supprimer » votre compte, Facebook va encore prendre son temps : « Jusqu’à 90 jours peuvent être nécessaires à partir du début du processus de suppression pour supprimer tout ce que vous avez publié, comme vos photos, statuts ou autres données stockées dans les systèmes de sauvegarde », indique le réseau social sur sa page d’aide.
Et attention, « certaines de vos activités sur Facebook ne sont pas stockées dans votre compte », est-il précisé. « Par exemple, un(e) ami(e) conservera toujours vos messages, même après la suppression de votre compte. Ces informations persistent même après la suppression de votre compte. »
Mark Zuckerberg, fondateur et dirigeant du géant des réseaux sociaux. (Photo : Stephen Lam / Reuters)
Les non-utilisateurs aussi
Ce genre de souci est récurrent avec Facebook. En 2013, la presse internationale révélait que Facebook détenait aussi des informations sur des gens qui n’étaient pourtant pas inscrits sur le réseau. Des données, comme leur adresse e-mail ou leur numéro de téléphone, étaient enregistrées sur les serveurs de l’entreprise et rattachées à l’identité réelle de la personne. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que Facebook demande à ses utilisateurs, lors de l’inscription, s’ils veulent importer leurs contacts… La plupart des gens cliquent sur le bouton de validation sans trop réfléchir aux conséquences.
Certes, cela aide ensuite à retrouver ses amis sur le réseau social, mais surtout, cela donne accès à Facebook aux informations de contacts de milliards de personnes, sur et hors de sa plateforme, comme le rapporte le site d’information Mashable.
Facebook condamné
En 2016, le quotidien américain Wall Street Journal a également révélé que le géant des réseaux sociaux pouvait « collecter des informations sur tous les internautes » via des cookies et des « boutons similaires » dispersés sur Internet à travers de la publicité. Autrement dit, Facebook « traquerait » les internautes et récolterait des informations sur eux alors mêmes qu’ils ne naviguent pas sur le réseau social…
En février dernier, la chaîne de télévision américaine Bloomberg a rapporté cette décision du tribunal de Bruxelles : Facebook devra cesser de suivre la navigation des utilisateurs belges en dehors du réseau social et supprimer les données déjà collectées. Dans le cas contraire, la société américaine serait passible d’une amende de 250 000 dollars par jour.
Le tribunal a estimé que Facebook « ninforme pas suffisamment » les internautes sur les données qu’il collecte. La société de Mark Zuckerberg ne donne effectivement aucune information sur le genre de données qu’elle récolte et stocke dans ses serveurs. Facebook a décidé de faire appel de la décision.

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