Les réseaux sociaux fragilisés par l’affaire Facebook

Le Monde 23/03/2018
Selon l’agence de presse Reuters « le scandale Facebook va pousser d’autres sociétés à limiter le partage de leurs données et la manière dont elles le font devrait désormais être observée à la loupe ».
Le président de Facebook, Mark Zuckerberg a eu beau reconnaître mercredi que son entreprise avait commis des erreurs ayant permis à la société Cambridge Analytica, une firme britannique proche de Donald Trump, de collecter des informations sur des dizaines de millions d’utilisateurs du réseau social, la tempête soulevée par ces révélations ne s’est pas pour autant apaisée.
Jeudi, Israël a ouvert une enquête et l’Union européenne a réclamé une « protection totale » des données personnelles. Côté finances, le titre a encore perdu 1,41 %, portant sa chute depuis le début de la semaine à près de 10 %, soit environ 50 milliards de dollars de capitalisation boursière. D’autres entreprises liées aux nouvelles technologies – Amazon, Alphabet (Google) ou Twitter – ont aussi enregistré une baisse.
Selon l’agence de presse Reuters « le scandale Facebook va pousser d’autres sociétés à limiter le partage de leurs données et la manière dont elles le font devrait désormais être observée à la loupe ». Des batailles entre ces entreprises et des avocats ont déjà démarré sur les questions liées au contrôle et à la sécurité de leurs plates-formes. L’agence fait le point sur les réponses que certaines d’entre elles ont déjà apportées aux inquiétudes de leurs clients.
Facebook, quant à elle, pourrait avoir à gérer un autre souci : la perte de certains de ses utilisateurs, accélérée par la campagne #DeleteFacebook lancée sur Twitter. Même si se déconnecter du réseau social relève du parcours du combattant, la perte de confiance pourrait lui coûter des clients. Le Wall Street Journal rappelle que le nombre d’utilisateurs qui ouvrent Facebook au moins une fois par mois a plus que doublé depuis 2012, atteignant 2,13 milliards de personnes. « Ses revenus et ses profits ont grandi encore plus vite grâce à la richesse des données que Facebook met à la disposition de publicitaires pour cibler leurs messages. »
Vox, de son côté, estime que le monde ne devrait guère être surpris par ces révélations. Non seulement des articles dans la presse allemande et américaine avaient déjà pointé ces risques dès 2015, mais en 2007 des étudiants en psychologie de Cambridge avaient commencé à collecter les données de millions d’utilisateurs de réseaux sociaux pour un projet centré sur « la prise de décision ». Ce nouveau scandale démontre surtout « un manque d’anticipation » de la part de Facebook, qui n’a pas voulu voir qu’un tiers pourrait être susceptible d’utiliser ses données par millions. « Il est clair que nous sommes entrés dans une ère inédite de manipulation à grande échelle des données disponibles online », conclut Vox.
Facebook cumule les pertes en bourse depuis la révélation du scandale lié à l’utilisation indue des données de ses utilisateurs à des fins politiques. DADO RUVIC / REUTERS

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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