Nantes. Front commun contre la « métropolisation » : une « Balade des lieux à défendre »

Ouest-France – 26/03/2018 – Stéphanie Lambert
Ce dimanche 25 mars a eu lieu la première Balade des lieux à défendre (Blad), à Nantes.Ce dimanche 25 mars a eu lieu la première Balade des lieux à défendre (Blad), à Nantes. | Ouest-France
Ce dimanche 25 mars, dans une ambiance bon enfant, ils étaient une centaine de personnes mobilisées pour faire un petit tour des projets urbains contestés… À vélo !
C’est jour de marché, ce dimanche, place du Vieux-Doulon, quartier nantais aux allures de village. On se promène en famille, à pied ou à vélo. On traverse la rue, les bras chargés de victuailles, sans vraiment regarder les voitures. Ici, l’esprit campagnard est très présent. Et on compte bien le préserver.
Pourtant, certains habitants s’inquiètent et voient déjà les bétonneuses arriver. Le projet urbain Zac des Gohards prévoit en effet la construction de 2 500 à 3 000 logements répartis sur 180 ha d’anciennes terres maraîchères.
Alors, symboliquement, et pacifiquement, une résistance s’organise depuis 2014, avec le collectif Jardin des ronces, situé juste en face du cimetière, rue de la Papotière. « On y a fabriqué de nos mains un four pour faire cuire pains et pizzas, un puits, et des jardinières , indique un membre du collectif. Il y a toujours du monde, surtout le dimanche après-midi. »
Journée des résistances
Aujourd’hui, ils étaient une centaine, au départ de la première Balade des lieux à défendre (Blad), organisée par le collectif la Commune de Chantenay, l’humeur à la fois chafouine et optimiste. « On se rend compte qu’on n’est pas seuls, explique Luce, qui en profite pour prendre des contacts tous azimuts. Des endroits comme celui-ci, menacés par les marteaux-piqueurs, il y en a partout en ville. »
Le collectif refuse l’implantation de l’Arbre aux hérons, carrière Miséry, dans le bas-Chantenay, perçu comme un véritable « parc d’attractions » qui va dénaturer l’âme du quartier. Une terre d’accueil de la classe ouvrière dont « on veut chasser les plus pauvres au profit des plus riches » , craint Alice, une professeure, venue en curieuse.
Une rando-védo a relié dimanche le jardin des ronces à la carrière Miséry — J. Urbach/ 20 Minutes
« Rentabilité » , « attractivité » , « rationalisation » , sont des mots qui reviennent dans toutes les bouches. Christine, militante Europe Écologie Les Verts, ne décolère pas. « Pourquoi attirer toujours plus de gens ici, alors que les campagnes souffrent et se vident. Nous sommes pour une plus juste répartition… Pas pour une compétition avec Bordeaux ! »
Le rassemblement, c’est l’avenir
Bref, on resserre les cœurs et on fait cause commune. Ne pas s’isoler dans les luttes semble être un leitmotiv. L’effet Notre-Dame-des-Landes est passé par-là, sans doute. Dans les rangs, la désillusion est d’autant plus douloureuse, qu’ « on a cru aux soi-disant ateliers de concertation » , pointe Edwige, très impliquée dans le quartier de la Moutonnerie, où la Maison d’accueil de jour (Maj) est supposée quitter le secteur. « Sauf que maintenant, ça se sait que c’est de la poudre aux yeux. Tout est déjà décidé. On fait semblant de nous impliquer pour faire passer la pilule. On n’est pas dupe. »
« Densité de population », « priorité à la rentabilité », « dépense d’argent public », « risque de gentrification »…, les opposants voient beaucoup de points communs dans ces projets, dont ils dénoncent aussi la méthode. « Malgré ce que prône la mairie, l’avis des habitants n’est pas pris en compte, estime Marie, 33 ans. Les concertations, c’est obligatoire, mais on sait très bien que tout est déjà décidé à l’avance… »
Tels des colibris, c’est donc au son des petits oiseaux que le cortège se décide à s’élancer, à vélo, à travers la ville… Première étape : le stade de foot de la Beaujoire et son projet YelloPark. « Farfelu » , évidemment.

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