Terrorisme – Lieutenant-colonel Beltrame : des mots qui tuent une deuxième fois

L’Opinion 25/03/2018 Olivier Auguste
EditorialFaut-il seulement reproduire les propos tenus sur les réseaux sociaux par un ex-candidat insoumis aux législatives au sujet du lieutenant-colonel Beltrame, tué par le terroriste de l’Aude ? Malheureusement oui, pour en mesurer la haine, la violence, l’ignominie. « A chaque fois qu’un gendarme se fait buter, et c’est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse [le militant écologique mort à Sivens après l’explosion d’une grenade offensive]… Là c’est un colonel, quel pied ! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins », a écrit l’homme, depuis gardé à vue pour apologie du terrorisme, et dont on se dispensera en revanche de citer le nom. Des paroles abjectes venues comme tuer une deuxième fois cet homme qui s’est littéralement sacrifié pour sauver une vie.
« Tweets écœurants que nous avons tous condamnés », a tranché Jean-Luc Mélenchon, demandant aux «  médias pompes à clics  » de « renoncer au plaisir de nous salir », tandis que son mouvement annonçait avoir « retiré cette personne de la plate-forme de La France insoumise » – sanction dont même l’intéressé ignore probablement la signification. Mais est-ce si simple pour les Insoumis ?
Cette prise de distance serait plus crédible si Jean-Luc Mélenchon ne s’était pas lui-même laissé aller, notamment, à présenter lors d’un meeting de sa campagne présidentielle l’ex-ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, comme « le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse » et « qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations ».
Les mots ont un sens. Prononcer ceux-là devant une foule de supporters, lorsqu’on vise la plus haute charge politique, n’est pas anodin. Et permet difficilement de s’exonérer ensuite de ses responsabilités en lâchant ceux de ses amis qui les auraient mal – ou trop bien – interprétés.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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