Russie : l’efficacité d’une riposte occidentale unie

Les expulsions de diplomates russes de pays occidentaux se sont poursuivies, mardi, suite à l’empoisonnement de Sergueï Skripal. Elaine Thompson / AP
Jusqu’où iront les représailles après l’expulsion de plus de 120 diplomates russes par 25 pays occidentaux, principalement européens et les Etats-Unis, pour protester contre la tentative d’assassinat de l’ex-agent double, Sergueï Skripal et de sa fille ?
Le Kremlin n’a pas encore livré sa réponse, mais à Londres, Theresa May semble déjà penser au coup d’après. Selon The Guardian, elle a averti que les Occidentaux devaient « développer une réponse à long terme » contre Vladimir Poutine. D’après le quotidien, les autorités britanniques sont convaincues que le président russe a été surpris par l’ampleur de la réponse diplomatique et que cela pourrait l’amener à revoir son approche avec l’Ouest. Mercredi le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, doit rappeler que les parades contre la « guerre hybride » menée par Moscou doivent aussi s’intéresser à « la cybersécurité, l’énergie et la désinformation ».
La Belgique a finalement rejoint mardi la liste des pays de l’Union européenne qui ont participé à la riposte collective. Sept diplomates de la mission russe à l’OTAN se sont aussi vus retirer leur accréditation et trois demandes ont été rejetées. Mais, comme le rappelle La Libre Belgique, neuf des vingt-huit membres de l’UE manquent à l’appel. Malte et le Luxembourg se sont dits solidaires, mais expulser un représentant russe signifierait couper leurs relations avec Moscou. La Grèce, Chypre, la Bulgarie, la Slovaquie, la Slovénie et le Portugal préfèrent rester prudents. Quant à l’Autriche, note le journal, elle entend jouer un rôle de médiateur dans la crise opposant les pays occidentaux au Kremlin, un « pont entre l’Est et l’Ouest », comme l’ont expliqué le chancelier conservateur Sebastian Kurz et la ministre des affaires étrangères (FPÖ, extrême droite).
Dans ce nouvel épisode de guerre froide, une analyse publiée dans The New Yorker relève des paradoxes dans la réponse apportée à Moscou. La riposte collective est, certes, un coup dur contre la Russie qui s’efforce depuis plusieurs années d’enfoncer un coin dans l’unité européenne, qu’il s’agisse de l’UE ou de l’OTAN. Et l’expression du ministre des affaires étrangères russe qui a dénoncé un « geste provocant de solidarité », dit bien ce qui dérange le plus à Moscou. Mais au-delà de l’expulsion « facile » de diplomates, les pays occidentaux n’ont pas souhaité pour l’heure se confronter à « des vérités inconfortables concernant les sommes d’argent russe dans leurs banques et sur leur marché immobilier ». S’en prendre à ces biens constituerait pourtant « la vraie sanction ».
Le Monde 29 mars 2018

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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