Grèves – Un train peut en cacher un autre

SNCF, la mère des réformes
L’Opinion 22/03/2018 Olivier Auguste
Vampirisés. Siphonnés. Eclipsés. De longue date, les fonctionnaires avaient prévu de faire de ce 22 mars « leur » moment pour exprimer leurs difficultés, leurs frustrations et leurs doléances. Et puis les syndicats de cheminots, CGT en tête, se sont incrustés, et le « cas » SNCF est passé au premier plan. Tout au long de ce jeudi, conversations et reportages ont tourné (outre les rituels « incidents en marge des cortèges ») autour des pourcentages élevés de grévistes dans l’entreprise et de trains annulés. Les fonctionnaires, eux, ont été loin de faire massivement grève. Comme si, ayant compris que leurs mots d’ordre seraient étouffés par les slogans sur l’ouverture à la concurrence, la fin du statut, les petites lignes menacées – et la privatisation fantasmée sans laquelle il n’y a pas de manif digne de ce nom –, ils s’étaient découragés à l’avance.
La démonstration est ainsi faite : la réforme ferroviaire sera LE sujet de polarisation du printemps. Parce que chacun a son avis sur la SNCF. Parce que c’est l’un des derniers repaires des syndicats durs, en déclin. Parce que, bien sûr, ils y disposent d’une capacité à pourrir la vie de millions de Français. La CGT l’a bien compris – socialistes et insoumis aussi, dont les leaders se sont joints aux défilés avec un succès mitigé. Tenue en échec sur les ordonnances Pénicaud, elle fera tout pour prendre sa revanche lors de ce combat. Et surtout, elle conçoit sa bataille du rail comme un quitte ou double : l’emporter, ce serait mettre un coup d’arrêt à toute réforme jusqu’à la fin du quinquennat, parie le syndicat.
Emmanuel Macron et Edouard Philippe auront en tête cette ligne très politique lors des semaines de grève qui s’annoncent. L’opinion publique, sans qui le pouvoir ne pourra pas tenir bon, ne devra pas l’oublier non plus.
Diviser pour mieux régner
L’Opinion 29/03/2018 Emmanuelle Ducros
Paiement des jours de grève: comment la SNCF utilise SUD pour contrarier la CGT. L’entreprise s’appuie sur des règles techniques complexes pour tenter de limiter la durée de l’inédite grève à trous …
L’opinion 30 mars 2018 Nicolas Beytout
Non seulement les jours de grève ne seront pas payés (cette coutume qui permettait de négocier avantageusement les sorties de conflit est proscrite depuis le quinquennat Sarkozy), mais il a en plus été décidé que les jours de repos qui coïncideront avec des jours de grève feront l’objet d’une retenue sur salaire. Face à une grève d’un nouveau type alternant deux jours d’arrêt de travail et trois jours de reprise, face à la volonté manifeste des syndicats de pourrir l’organisation du transport ferroviaire entre les jours de grève, l’entreprise a choisi la voie dure.

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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