Citoyens chinois sous surveillance : tous notés, tous noteurs

Charlie Hebdo – 28/03/2018 – Gérard Biard –
Bloomberg via Getty Images / En Chine, les personnes avec une faible « note sociale » ne pourront plus prendre l’avion ou le train.
Vous aimez TripAdvisor ? La Chine du XXI ème siècle est faite pour vous. A compter du 1er mai prochain, Les citoyens chinois se verront attribuer une « note sociale » en fonction de leur comportement quotidien, de leurs antécédents judiciaires, de leur patriotisme économique et, naturellement, de leurs opinions politiques et des sites qu’ils consultent sur Internet.  Les mauvais élèves seront pénalisés et dans l’impossibilité d’acheter des billets de train ou d’avion pendant une période d’un an. Car le principe, qui mijote dans les cuisines du régime depuis 2014,, doit être généralisé et obligatoire d’ici à 2020. A cette date, tout le territoire et pour chaque citoyen chinois, l’accès à certains services publics, aux logements sociaux, à divers emplois, aux possibilités de voyager ou de contracter un prêt sera soumis aux fluctuations de cette note de « bonne conduite ». Les fayots, eux, seront bien sûr récompensés. Xi Jinping, qui est un excellent citoyen, vient d’ailleurs déjà de décrocher un boulot de président à vie.
Un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) expose l’utilisation croissante en Chine du numérique couplé aux méthodes de surveillance traditionnelles pour développer le premier État totalitaire numérisé,
Bien sûr, il s’agit de la Chine. Une telle monstruosité digne d’une dystopie de science-fiction est impensable dans des démocraties comme les nôtres. possible. Mais ne pavoisons pas trop vite. Car ce merveilleux instrument de contrôle social utilise des outils développés et déjà utilisés par Alibaba, Tencent ou Baidu. Soit les équivalents chinois d’Amazon, de Google, de Facebook… Oui, si le régime chinois peut aujourd’hui espérer surveiller chaque citoyen jusque dans son intimité, c’est grâce aux géants du Web et des nouvelles technologies, qui ont conçu et rendu toujours plus performant le plus parfait système de flicage, de collecte de données privées, de contrôle et de manipulation qui soit. Et pour ne rien gâcher, il est volontaire.
C’est tout le génie d’Internet et de ses dérives : avoir réussi à faire croire à l’internaute qu’il est un client-roi alors qu’il n’est qu’un produit-esclave. A l’instant précis où on s’imagine être un émir du pétrole parce qu’on peut ne mettre qu’une seule étoile à un hôtel borgne ou à un chauffeur Uber malpoli, un algorithme, quelque part, nous soupèse, nous évalue, nous classe, bref, nous note à notre tour, avant de nous expédier dans l’infini réservoir du big data dans l’attente de servir. Pas plus tard que la semaine dernière, le scandale Facebook-Cambridge Analytica (1) a démontré que les cauchemars orwelliens ne se limitent pas aux seuls totalitarismes. Qu’on le veuille ou non, nous vivons tous déjà un peu en Chine.
(1) Le 17 mars 2018 dernier, des médias anglo-saxons ont révélé qu’une entreprise de collecte et traitement de données, Cambridge Analytica, était au cœur d’un vaste scandale de manipulations de data collectées via Facebook. Celles-ci qui auraient influencé la campagne présidentielle de Donald Trump, mais aussi le vote sur le Brexit.

France Info – 01/04/2018 – Vincent Winter et Camille Adaoust – 
Facebook a promis des « mesures supplémentaires » pour mieux protéger les données personnelles de ses usagers, mercredi 28 mars. Il s’agit d’une nouvelle tentative du puissant réseau social pour se relever du scandale Cambridge Analytica. Mais sans plus attendre, vous pouvez d’ores et déjà améliorer la protection de vos données. Voici trois pistes.
1 – Gérer les applications qui ont accès à vos données
« Le scandale Cambridge Analytica a mis en lumière le fait que Facebook n’était pas la seule entreprise à posséder les données privées que nous postons sur le réseau social à destination de nos amis », rappelle le journal Les Echos. Depuis votre inscription, vous avez très certainement donné accès à vos données personnelles à des tas d’applications tierces. Pour faire le ménage, il vous suffit d’aller dans les paramètres de votre compte puis dans la rubrique « applications ». Ensuite, à vous de faire le tri dans les informations que vous mettez à disposition.
2 – Limiter les données utilisées pour cibler les publicités
Nous vous l’expliquions récemment : vous pouvez également limiter la personnalisation des publicités dans les paramètres de votre compte, puis dans la rubrique « publicités ». En cliquant sur « paramètres des publicités », il vous sera possible de répondre « non » à la question « Voulez-vous voir des publicités ciblées par centres d’intérêt en ligne ? » et « Pubs sur des apps et des sites web en dehors des entreprises Facebook ».
3 – Supprimer votre compte
Enfin, si vous êtes (vraiment) très inquiet, vous pouvez suivre le mouvement « deletefacebook » et quitter définitivement le réseau social. Pour cela, il vous suffit de démarrer les démarches en cliquant sur ce lien. « Jusqu’à 90 jours peuvent être nécessaires à partir du début du processus de suppression pour supprimer tout ce que vous avez publié », précise Facebook, qui ajoute que certaines de vos activités stockées sur d’autres comptes que le vôtre resteront en ligne. « Par exemple, un(e) ami(e) conservera toujours vos messages, même après la suppression de votre compte », détaille le réseau social.
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