Hongrie – Viktor Orban seul maître

Le dirigeant hongrois Viktor Orban a revendiqué, dimanche, une victoire « historique », décrochant un troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement, après un scrutin marqué par un fort taux de participation (70 %).

Le premier ministre hongrois Viktor Orban a remporté dimanche les élections pour la troisième fois consécutive. BERNADETT SZABO / REUTERS
Selon des résultats non définitifs, son parti, le Fidesz, devrait conserver sa majorité des deux tiers au Parlement avec 49,5 % des voix. Les nationalistes du parti Jobbik arrivent à la deuxième place avec 20 % des voix. Le président de ce parti d’extrême droite a annoncé sa démission, tout comme le dirigeant des socialistes, dont le parti enregistre aussi un recul à 11,85 %. Pour le New York Times, ces résultats ne sont pas surprenants, étant donné les divisions entre les partis d’opposition et le contexte avantageux dont a bénéficié le parti de M. Orban lors de ces élections. Cette victoire d’un dirigeant autocrate n’en est pas moins inquiétante pour l’Europe, relève le quotidien, car elle pourrait encourager d’autres leaders, notamment en Pologne, à jouer la même partition et à créer ailleurs en Europe ce que M. Orban a lui-même appelé des « démocraties illibérales ». Ce dernier a fait campagne sur un thème unique de l’immigration et des valeurs chrétiennes de son pays, inspiré par la Russie ou la Turquie, plutôt que par la France ou l’Allemagne.
La Süddeutsche Zeitung note aussi que les partis d’opposition, qui ont tenté de faire campagne sur la démocratisation du pays et la dénonciation de la corruption du parti au pouvoir, ont échoué à s’entendre. Le fossé entre, d’un côté, la gauche et les forces libérales et de l’autre, le parti nationaliste Jobbik était infranchissable. Le Washington Post rappelle que cette campagne électorale de 2018 est la première depuis la fin de la seconde guerre mondiale à avoir diabolisé un milliardaire juif. M. Orban a fait de George Soros, le philanthrope libéral américain d’origine hongroise, financeur de nombreuses ONG en Hongrie, la figure centrale de son discours antimigrants. Dans un autre article, le Washington Post estime que la victoire d’Orban est plus préoccupante pour l’avenir et la cohésion de l’Europe que le Brexit. Quatorze ans après l’adhésion des ex-pays communistes à l’Union européenne, les divisions demeurent : « La démocratie libérale est attaquée de l’intérieur par des membres de l’Europe, qui s’éloignent de ses valeurs, de ses principes et de ses règles. » « Le point zéro de cette rébellion est la Hongrie », note le quotidien

A propos kozett

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