Animation de Wes Anderson

 « L’Ile aux chiens », de Wes Anderson
L’animation réussit bien à Wes Anderson, dandy texan et auteur d’une petite dizaine de films élégants et tirés à quatre épingles. Huit ans après Fantastic Mr. Fox (2010), c’est la deuxième fois qu’il s’adonne à l’animation en volume. L’Ile aux chiens se déroule dans un Japon dystopique, pays réinventé dont l’esthétique cérémonieuse offre un terrain de jeu idéal aux compositions frontales et guindées du cinéaste. Dans la mégalopole fantaisiste de Megasaki, le maire Kobayashi décrète le bannissement de tous les chiens sur une île-décharge du littoral, à la suite d’une épidémie de grippe canine qui sème l’insalubrité. Par démagogie, il y envoie son chien, nommé Spots. C’est compter sans l’attachement de son fils, Atari, qui fugue illico en direction de l’île pour retrouver son compagnon. Une effervescence romanesque menée tambour battant, où le simple fait de raconter devient en soi une entreprise gigogne et ludique, dans un contexte de mise au rebut des objets comme des êtres vivants qui est quant à lui clairement politique.

Le Monde 11 avril 2018

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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