Economie – Question de confiance

L’Opinion 16/04/2018 Olivier Auguste
Griveaux et la suppression de l’ISF: la parole est d’or
EditoAttention, fragile ! Le patron d’une très grande banque l’assure : le « robinet des départs » des grandes fortunes vers l’étranger « se ferme ». Mieux, « des expatriés considèrent à nouveau la France ». Cela tient, un peu, à des facteurs extérieurs comme le Brexit, beaucoup, aux mesures fiscales et sociales mises en place depuis un an, énormément, au changement de climat à l’égard de ceux qui entreprennent et réussissent : alors que son prédécesseur montrait du doigt avec dédain « les riches », Emmanuel Macron leur dit qu’ils sont non seulement bienvenus mais que le pays a besoin d’eux.
Pourtant, tout ne se fera pas du jour au lendemain. C’est pourquoi chaque mot compte. « Si on considère que la baisse de l’ISF a permis de réorienter cet argent vers les entreprises pour créer de l’emploi en France, ce sera maintenu, a déclaré Benjamin Griveaux sur RTL. Mais si les choses ne fonctionnent pas, on n’a aucune raison de les maintenir. » Un demi-tour ? Non, une maladresse que le porte-parole du gouvernement a vite rattrapée : les dispositifs censés drainer l’épargne vers le financement des entreprises seront retouchés s’ils se révèlent inefficaces, s’est-il empressé de préciser. Rien de plus, heureusement.
Laisser entendre que le bon vieil ISF pourrait être de retour si les détenteurs d’un patrimoine important ne se comportaient pas « comme il faut » réduirait à coup sûr à néant les effets espérés de la réforme. Emmanuel Macron le sait bien. Il a vu de près François Hollande échouer à transformer ses mesures (amorce de baisses de charges, esquisse de flexibilisation du marché du travail) en investissements, en croissance et en emplois, à force de multiplier les contorsions de langage et les contreparties – donc de laisser planer l’hypothèse d’un retour en arrière – sous la pression de ses frondeurs. La confiance ne peut s’assortir de conditions ni de menaces.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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