Asile et Immigration : Emmanuel Macron n’a pas trouvé la clef

L’édito de l’Opinion 22/04/2018 Cyrille Lachèvre
Front National
EditoA trop se focaliser sur le bilan de la première année d’Emmanuel Macron à l’Elysée, on finit par oublier que ce 23 avril marque aussi l’anniversaire de la qualification de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ; à trop se moquer de l’amateurisme désinvolte de cette dernière au débat d’entre deux tours et de ses problèmes (réels) de gouvernance à la tête de son parti on finit par oublier qu’elle est toujours, et plus que jamais, la première opposante au président dans les sondages. A trop braquer les caméras sur Jean-Luc Mélenchon et ses affidés – « bons clients » des chaînes info – on finit par oublier que la France compte chaque jour plus de « nationaux » que d’insoumis.
Emmanuel Macron avait bâti sa campagne en se posant comme meilleur rempart au FN. De quoi convaincre les électeurs modérés de droite et de gauche de voter pour lui puis de soutenir ensuite sa politique, selon l’idée pleine de bon sens qu’il était dans l’intérêt collectif du pays qu’il réussisse, sous peine de voir la France connaître demain la même vague populiste que l’Italie d’après Renzi ou que les Etats-Unis post-Obama.
Pour l’heure, les promesses de réformes économiques sont tenues et le Président conjugue audace et habileté pour vaincre les résistances. Mais l’épisode chahuté de la loi Asile et Immigration rappelle que le danger rôde toujours. Il a montré combien Marine Le Pen restait redoutable, les Républicains divisés et les marcheurs fragiles. La majorité manque de ligne idéologique claire sur les sujets sécuritaires qui préoccupent les Français et les évènements de ce week-end – du col de l’Echelle à la tribune d’intellectuels « contre le nouvel antisémitisme » – démontrent que les plaies identitaires du pays s’aggravent.
L’an dernier, Emmanuel Macron a remporté une bataille contre Marine Le Pen. Il lui reste quatre ans pour gagner la guerre. Un 23 avril en 2022 serait aussi sa défaite.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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