En pèlerinage contre le nucléaire, ce journaliste japonais présente son film : « Le couvercle du soleil »

Ouest-France – 23/04/2018 – Gaëlle Colin –
Kolin Kobayashi dans un fauteuil du cinéma de La Turballe (Loire-Atlantique)| Ouest-France
Le film de ce journaliste japonais retrace les cinq jours suivant Fukushima. Il le présente au Mans et à La Turballe.
« C’était un choc », explique Kolin Kobayashi en écartant les mains à hauteur de sa tête. Quand ce journaliste indépendant japonais raconte Fukushima, c’est tout son corps qui se meut. Ses jambes se décroisent, son débit de parole s’accélère.
Ses 69 ans de vie engagés contre le nucléaire semblent avoir glissé sur son visage sans emprise. Seuls ses cheveux et sa barbe poivre et sel dévoilent un indice du temps. « En 1968, je manifestais aux côtés des étudiants à Tokyo. J’ai voulu ensuite découvrir le Japon de l’extérieur », décrit-il dans un français parfait.
Une parenthèse d’un an qui s’est muée en parcours de vie. « Je m’étais inscrit aux Beaux-Arts à Paris mais je ne gagnais pas beaucoup d’argent. J’ai commencé à être journaliste », poursuit le militant, installé dans un fauteuil du cinéma Atlantic de La Turballe.
« Villes fantômes »
Il y fait étape pour décrypter la problématique du nucléaire qui le questionne tant. Il a baigné dans une génération post-bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Qui l’a mené sur différents chemins de croix. Aussi bien contre les missiles installés à la frontière allemande que contre l’installation du réacteur Superphénix à Creys-Malville (Isère).
Le 14 mars 2011, Kolin Kobayashi est à Paris. Le tsunami se transforme en catastrophe nucléaire à Fukushima. Un mois après, il se rend à Taïwan où « l’annonce du nuage radioactif était déjà donnée ». En 2012, il découvre les zones interdites, de vraies « villes fantômes » où 100 000 habitants ont été déplacés.
Depuis, il s’est fait porte-parole de cet « accident nucléaire majeur, impossible à gérer ». L’association qu’il préside distribue en France son film, Le Couvercle du soleil, qu’il va présenter partout. « Ce docu-fiction relate exactement les cinq jours suivant la catastrophe. » Un film nécessaire qui rappelle que Fukushima, comme Tchernobyl, sont des « épisodes inacceptables « . 
Le Couvercle du soleil. Projection en présence de Kolin Kobayashi samedi 21 avril à 20 h 30, au Colisée au Mans ; mardi 24 avril à 18 h 30, à l’Atlantic à La Turballe (Loire-Atlantique).

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