Erosion – La grève SNCF et les dégâts à bas bruit

L’édito L’Opinion 24/04/2018 Nicolas Beytout
 Pendant que l’on se focalise sur le bras de fer entre les syndicats de la SNCF et le gouvernement, pendant que l’on se félicite du système D auquel ont recours les passagers, tout doucement, sans faire de bruit, l’économie française commence à payer les pots cassés de cette grève à répétition.
C’est évidemment dans le monde du tourisme que les premiers dégâts se font sentir : la période des ponts et viaducs du mois de mai, plus importante encore en ce millésime 2018, s’annonce déjà comme décevante chez les hôteliers et restaurateurs. Une partie du chiffre d’affaires de l ‘année menace de s’envoler, sans aucune chance de le rattraper. Plus généralement, de nombreux secteurs commencent à souffrir de l’impossibilité d’organiser des échanges fluides, rendez-vous commerciaux, réunions lointaines, transport de matières premières ou livraisons.
C’est pour l’instant encore peu de choses, et les statisticiens disposent de quantité d’exemples historiques de grands mouvements sociaux qui à eux seuls n’ont pas cassé net la croissance économique du pays. Pas de chance, cependant : cette fois, ces mauvais coups portés par les grévistes risquent d’amplifier un mouvement de retournement de la conjoncture que l’on sent déjà poindre dans les toutes dernières livraisons de l’Insee. Après avoir atteint un plus haut depuis 17 ans, le climat des affaires dans l’industrie se dégrade depuis deux mois. Les perspectives à l’exportation se rétrécissent, et les industriels se montrent désormais moins optimistes sur l’évolution de la demande.
Toutes les enquêtes d’opinion le démontrent : cette grève de la SNCF et celle d’Air France qui s’y surajoute sont impopulaires chez les Français. Tant mieux, mais le danger à terme est plus grave : la dégradation du moral dans les entreprises et la fin prématurée du rebond tant espéré.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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