Livre : Faire l’économie de la haine / – Douze essais pour une pensée critique

Diplômé en philosophie, Alain Deneault est l’auteur de plusieurs essais, dont Noir Canada, Offshore, Faire l’économie de la haine, Paradis sous terre, «Gouvernance», Paradis fiscaux: la filière canadienneMédiocratie, Une escroquerie légalisée et De quoi Total est-elle la somme?. Depuis 2016, il est directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris.
Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent, à tout prix. Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme: faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. Sous les données, sous les calculs et sous la spéculation : des crimes, du sang, du vol et des morts, mais assourdis par ce savoir économique et ses prérogatives légales. Car l’argent fait écran: faut-il délocaliser des usines, licencier du personnel, polluer des rivières, contourner le fisc, soutenir des dictatures ou armer des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse ? Cette culture de l’argent nous autorise précisément à faire l’économie de ces questions, sur le mode de l’autocensure. Alain Deneault tire un à un les fils de cette censure diffuse, pour s’émanciper du filtre marchand qui codifie le social.                      
Auteur d’essais sur les multinationales, les paradis fiscaux et l’idéologie de la gouvernance, Alain Deneault est directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. Marqué par les poursuites judiciaires dont a fait l’objet son livre Noir Canada, il a écrit plusieurs textes sur la censure et l’autocensure. Les voici ici réunis.
Alain Deneault  | 224 pages/ 14 €
Par son travail de philosophe et de sociologue, Alain Deneault analyse le monde qui nous entoure en adoptant un point de vue critique qui nous oblige à renverser nos perspectives, à appréhender nos sociétés sous un angle nouveau. En réunissant plusieurs textes écrits au fil des années sous l’influence théorique de Rancière et Simmel, Alain Deneault décode une censure insidieuse qui s’est installée à différents niveaux de notre société, rendant difficile d’appréhender le réel en dehors de schémas que chacun de nous a intériorisés. Parler de censure aujourd’hui ne signifie pas décrire des bureaux de censure propres à des régimes anciens, mais désigne plutôt la fabrication d’un discours, d’une version de la réalité qui exploite la crédulité du public. Les institutions financières, gouvernementales, judiciaires et sportives deviennent en quelque sorte un moule par lequel elles inculquent des modalités de compréhension des choses. Dans l’ordre libéral qui est le nôtre, la censure prend ainsi une dimension psychologique intime, traçant les contours d’une autocensure peu consciente. En effet, il ne s’agit pas tant de supprimer délibérément une partie de son propre discours, mais d’éprouver une certain malaise dès qu’on déroge d’une façon générale d’aborder le réel. « L’économie de la haine » rassemble des textes sur ce processus sous différents angles et l’auteur nous invite à une pensée critique qui nous émancipe de ce carcan idéologique. Alain Deneault est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII et enseigne aujourd’hui la sociologie à l’UQAM. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages qui ont fait débat.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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