Livre : Manuel de l’antitourisme

L’industrie touristique n’a jamais été aussi florissante. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car, si le voyage est philosophie, le tourisme est économie : le premier explore, le deuxième exploite. Il enserre les individus et les espaces dans les filets d’une organisation forcenée et impose le devoir de vacances comme une compensation thérapeutique : désormais, on part pour mieux supporter à son retour le joug d’une existence sans saveur. Ce manuel corrosif démasque les effets pervers d’un tourisme consumériste et grégaire, et nous appelle à renouer autrement avec l’aventure, l’évasion et la créativité.

Le tourisme est la première industrie mondiale, même s’il est pratiqué par seulement 3,5 % de la population… Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l’avènement des congés payés, ont intégré «un devoir d’ailleurs et de loisirs». Mais qui n’a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs? Qui n’a jamais ramené de vacances le sentiment de l’absurde? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde: ni la pollution qu’elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu’elle vient niveler et encore moins la conscience de l’Autre qu’elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme? Rodolphe Christin nous invite à retrouver l’essence du voyage: préférer le chemin à la destination, et «disparaître» plutôt qu’apparaître partout.
Voyage dans l’antitourisme
L’auteur n’est pas tendre à l’égard d’une industrie qui profite de ce mégabrassage géographique. En plus des tonnes de GES générées par les gros-porteurs, le pamphlétaire reproche à ce tourisme sur mesure de mettre la planète « sous scellés », de vampiriser territoires, cultures, villes et villages dans des parcours « fléchés » qui ne laissent place ni au hasard ni à la rencontre.
Paru le 1 février 2018 Essai (broché) / 12 €
Sociologue, Rodolphe Christin travaille aujourd’hui dans le secteur de la formation professionnelle; il est l’auteur de L’usure du monde. Critique de la déraison touristique (L’Échappée, 2014), de L’horreur managériale (L’Échappée, 2011, sous le pseudonyme d’Etienne Rodin), de Le travail, et après? (avec Jean-Christophe Giuliani, Philippe Godard et Bernard Legros) et du Manuel de l’antitourisme (Écosociété, 2017).

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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